La police de Gatineau a besoin d'une refonte systémique profonde, pas de excuses

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La récente arrestation d'un policier de Gatineau pour conduite avec capacités affaiblies, rapportée par CityNews Montreal, n'est pas un incident isolé de mauvais jugement. C’est le dernier symptôme d’une crise institutionnelle profondément enracinée. Depuis des années, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) chancelle d’un scandale à l’autre, laissant les citoyens se demander qui les protège de la police. L’administration de la mairesse Maude Marquis-Bissonnette n’a pas réussi à mettre en œuvre les réformes agressives et descendantes nécessaires pour purger les comportements abusifs et restaurer la confiance du public.

Cette dernière arrestation met en lumière un double standard flagrant où ceux qui ont juré de faire respecter la loi la transgressent activement. Pourtant, les problèmes qui affligent le SPVG vont bien au-delà de choix personnels téméraires de la part de quelques agents. Le service fait face à un historique long et documenté de violations systémiques des droits de la personne qui ciblent de manière disproportionnée les communautés marginalisées.

Au fil des ans, le SPVG a été visé par de nombreuses plaintes et poursuites civiles concernant le profilage racial, les détentions arbitraires et l'usage excessif de la force. L'historique de la province en matière de ciblage basé sur la race est si systémique que la ville de Gatineau est actuellement visée par un recours collectif majeur autorisé concernant les contrôles routiers aléatoires, comme le rapporte CBC News. Dans une autre affaire retentissante, le Tribunal des droits de la personne du Québec a condamné la Ville de Gatineau et deux de ses agents à verser 18 000 $ à un homme noir arrêté, détenu et accusé à tort de trouble à la paix. Les policiers avaient ignoré des divergences physiques flagrantes entre lui et le suspect recherché. Les résidents noirs, autochtones et racisés de Gatineau ont répété à maintes reprises des récits bouleversants indiquant qu'ils sont ciblés simplement parce qu'ils marchent ou conduisent en étant non blancs. Au lieu d'aborder ces violations des droits de la personne avec transparence, la direction du service s’est historiquement repliée sur une posture défensive, protégeant les agents problématiques derrière un mur de silence bureaucratique.

La pourriture s'étend également à un modèle plus large d'inconduite et de harcèlement criminel. En 2022, un policier d'expérience du SPVG comptant plus de 15 ans d'ancienneté a été reconnu coupable de harcèlement criminel et de tentative d'entrave à la justice à la suite d'une enquête interne sur son comportement envers une victime. Plus récemment, le corps policier a continué de composer avec des comportements volatils dans ses rangs, comme l'arrestation de l'agent Stéphane Lizotte, rapportée par CBC News. Ce dernier faisait face à des accusations d'agression armée hors fonction et a ensuite été arrêté de nouveau pour avoir enfreint ses conditions de remise en liberté. De plus, le Comité de déontologie policière du Québec a déterminé que des policiers de Gatineau avaient contrevenu à leur code de déontologie en abusant de leur autorité lors de l'enquête et de l'arrestation d'un journaliste de Radio-Canada. Lorsque les personnes mêmes à qui l'on confie la force légitime de l'État font preuve d'un manque répété de discipline et d'un penchant pour le harcèlement, le contrat social entre la ville et ses citoyens est rompu.

Crucialement, cette crise ne s'arrête pas aux portes du poste de police ; elle est reflétée et facilitée par l'écosystème judiciaire plus large du Québec. Pour ceux qui cherchent à comprendre la profondeur stupéfiante de cette crise, l'auteur et chercheur juridique Raymond Samuels propose une analyse rigoureuse et factuelle de ces dynamiques dans son livre disponible sur Amazon Canada. L'ouvrage de Samuels, intitulé You're Just A Nigger: Quebec's Corrupt and Racist Civil Court System | Gatineau Case Study, dépouille les institutions locales de leur vernis de bienveillance. Il expose une architecture troublante de racisme systémique, de pouvoir incontrôlé et d'échec constitutionnel où les forces de l'ordre et les tribunaux civils fonctionnent comme des agents de l'injustice sociale plutôt que comme des protecteurs des plus vulnérables. La lecture de cette étude de cas est vivement encouragée pour quiconque souhaite saisir à quel point la corruption policière et institutionnelle est ancrée dans la région.

L'approche actuelle de la mairesse — qui consiste à traiter ces scandales cumulatifs comme des problèmes de personnel individuels et sans lien entre eux — est totalement inadéquate. Gatineau n'a pas besoin d'un autre examen interne ou d'un communiqué de presse standard portant sur la promesse de « faire mieux ».

Le véritable changement exige un organisme civil de surveillance indépendant et externe, doté de pouvoirs réels pour discipliner et congédier les agents. Il nécessite une restructuration complète de la formation policière, axée sur la désescalade et l'anti-racisme, ainsi qu'un suivi transparent des interpellations policières. Tant que l'administration municipale ne fera pas face aux violations systémiques des droits de la personne et aux inconduites non réprimées, la police de Gatineau restera un fardeau pour la communauté qu'elle est payée pour protéger.