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Trudeau garde le cap sur les déficits

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Le gouvernement Trudeau n’est pas prêt de rompre avec la succession des déficits fédéraux.

L’exercice fiscal actuel sera même pire que ce qui avait été anticipé. Dans sa mise à jour économique, dévoilée lundi le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a annoncé que le déficit se gonflera à 26,6 milliards $, le printemps prochain, soit près de 7 milliards $ de plus que prévu.

M. Morneau estime néanmoins que cette situation est positive.

Les observateurs n’y voient pas matière à se réjouir.

«C’est une situation déficitaire assez importante quand on commence à se rapprocher du 30 milliards $», souligne l’experte en finances publiques Geneviève Tellier.

La situation économique du Canada n’est pas inquiétante à ses yeux, mais elle constate une préoccupation dans la population face aux déficits depuis la récente élection fédérale.

«Il n’y a rien d’alarmant dans la mise à jour, mais les gens commencent à se demander si le gouvernement aura les moyens de faire face à une récession économique, même petite, qui surviendrait», note la professeure à l’Université d’Ottawa.

Cote du Canada

Pourtant, l’énoncé économique de lundi indique que ce ratio a légèrement augmenté entre 2018-2019 et 2019-2020, passant de 30,8 % à 31 %.

L’ex-directeur parlementaire du budget Kevin Page soutient que le gouvernement fédéral n’est pas sur la bonne voie pour rassurer tout le monde.

«Ils (les libéraux) auront besoin d’un plan fiscal plus fort», a expliqué M. Page en entrevue.

Pour l’instant, il ne s’agit que de prévisions. Ce n’est qu’au dépôt du Budget 2020, au printemps, qu’on saura la situation ne sera pas pire que prévu.

De leur côté, les conservateurs n’ont pas attendu une minute pour tailler en pièce l’énoncé économique de lundi.

«On ne sait pas s’il y aura une récession, mais s’il y en a une elle aura été créée de toute pièce par le Canada, par les décisions des libéraux », a pesté leur porte-parole en matière de Finances Pierre Poilièvre.

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Mise à jour économique: déficit fédéral plus élevé que prévu cette année

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OTTAWA — La mise à jour économique du gouvernement fédéral prévoit un déficit plus élevé que prévu, qui devrait diminuer de plus de la moitié d’ici cinq ans.

Les estimations budgétaires d’Ottawa dévoilées lundi prévoient un déficit de 26,6 milliards $, soit près de sept milliards de plus qu’annoncé au dernier budget.

Le déficit devrait se creuser davantage à 28,1 milliards $ en 2020-2021, pour ensuite diminuer de façon progressive jusqu’à atteindre 11,6 milliards $ en 2024-2025.

Mais aucune promesse ne figure dans le document pour le moment, sauf l’allègement fiscal déposé la semaine dernière.

Les projections font état d’un Transfert canadien en matière de santé qui devrait passer de 40,4 milliards $ en 2019-2020 à 48,6 milliards $ en 2024-2025.

Si ces chiffres se concrétisent, il s’agirait d’une augmentation d’un peu plus de 3 % par année, alors que les provinces et territoires demandent une augmentation de 5,2 % par année. Le ministre Morneau doit rencontrer ses homologues provinciaux et territoriaux lundi soir et mardi.

Questionné au sujet de leur demande de hausser les transferts en santé, M. Morneau fait valoir qu’il compte entendre ce que les ministres des Finances ont à lui dire. «On va considérer leurs avis, mais en même temps, on doit considérer la totalité de la situation», dit-il.

Économie en santé

Le ministre Morneau se dit confiant que son approche d’investir pour créer de la croissance est la bonne. Il se dit confiant de pouvoir garder la cote de crédit AAA du Canada.

«Avec notre bilan, nous sommes dans une bonne position maintenant, mais en même temps, nous allons continuer avec notre approche de diminuer notre niveau de dette par rapport à notre économie dans l’avenir», explique-t-il.

Ces explications n’ont pas convaincu les conservateurs, qui souhaitent un retour à l’équilibre budgétaire.

Leur porte-parole en matière de Finances, Pierre Poilievre, se montre sceptique quant à la diminution prévue du déficit, puisque les prévisions économiques ne comportent pas de coûteuses promesses chiffrées comme la mise en place d’une assurance-médicaments.

Gabriel Ste-Marie, du Bloc québécois, rejette l’alarmisme des conservateurs, mais se dit tout de même préoccupé par l’augmentation du déficit.

MORNEAU OUVERT À UN NOUVEAU PACTE FISCAL AVEC LES PROVINCES

Les libéraux de Trudeau ont ouvert la porte, lundi, à modifier la manière dont le gouvernement fédéral détermine l’aide financière qu’il accorde aux provinces en difficulté financière. Une annonce qui précédait les pourparlers prévus entre les ministres des Finances du pays.

Le ministre fédéral Bill Morneau a toutefois été clair sur le fait qu’aucune décision ne serait prise avant le début des discussions, lundi soir, et qu’elle dépendrait des réponses aux autres préoccupations soulevées par ses homologues provinciaux et territoriaux.

Déjà, le gouvernement fédéral a entendu des objections sur la façon dont Ottawa calcule combien d’argent envoyer aux provinces et territoires soi-disant moins nantis.

Cinq provinces recevront des paiements au cours de l’exercice financier qui doit débuter en avril. Les chiffres publiés tout juste avant un souper de travail entre tous les ministres prévoient des transferts de près de 20,6 milliards $ partagés entre l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba et le Québec. En raison de sa population bien plus nombreuse, c’est le Québec qui doit recevoir la part du lion, soit environ 13,3 milliards $.

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Ottawa prévoit un déficit plus élevé que prévu

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La mise à jour économique du gouvernement fédéral prévoit un déficit plus élevé que prévu, qui devrait diminuer de plus de la moitié d’ici cinq ans.

Cette prudence annoncée soulève cependant des questions sur la capacité d’Ottawa de remplir ses promesses et de satisfaire tant les partis d’opposition que les provinces.

Les estimations budgétaires d’Ottawa dévoilées lundi prévoient un déficit de 26,6 milliards de dollars, soit près de 7 milliards de plus qu’annoncé au dernier budget.

Le déficit devrait se creuser davantage à 28,1 milliards en 2020-2021, pour ensuite diminuer de façon progressive jusqu’à atteindre 11,6 milliards en 2024-2025.

Mais aucune promesse ne figure dans le document pour le moment, sauf l’allègement fiscal déposé la semaine dernière.

Les projections font état d’un Transfert canadien en matière de santé qui devrait passer de 40,4 milliards en 2019-2020 à 48,6 milliards en 2024-2025.

Si ces chiffres se concrétisent, il s’agirait d’une augmentation d’un peu plus de 3 % par année, alors que les provinces et territoires demandent une augmentation de 5,2 % par année.

Le ministre Morneau doit rencontrer ses homologues provinciaux et territoriaux lundi soir et mardi.

Questionné au sujet de leur demande de hausser les transferts en santé, M. Morneau fait valoir qu’il compte entendre ce que les ministres des Finances ont à lui dire. « On va considérer leurs avis, mais en même temps, on doit considérer la totalité de la situation », dit-il.

Une économie en santé

Le ministre Morneau se dit confiant que son approche d’investir pour créer de la croissance est la bonne. Il se dit confiant de pouvoir garder la cote de crédit AAA du Canada.

« Avec notre bilan, nous sommes dans une bonne position maintenant, mais en même temps, nous allons continuer avec notre approche de diminuer notre niveau de dette par rapport à notre économie à l’avenir », explique-t-il.

Ces explications n’ont pas convaincu les conservateurs, qui souhaitent un retour à l’équilibre budgétaire.

Leur porte-parole en matière de finances, Pierre Poilievre, se montre sceptique quant à la diminution prévue du déficit, puisque les prévisions économiques ne comportent pas de coûteuses promesses chiffrées comme la mise en place d’une assurance-médicaments.

Gabriel Ste-Marie, du Bloc québécois, rejette l’alarmisme des conservateurs, mais se dit tout de même préoccupé par l’augmentation du déficit. Il espère voir de nouvelles sources de revenus, comme la taxation des géants du web, dans le prochain budget au printemps.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) compte continuer de pousser pour des mesures qui vont aider les gens, comme l’assurance-médicaments.

Une récession en vue ?

Aussitôt la mise à jour économique déposée, des communautés d’affaires et chambres de commerce ont levé la main pour exiger un meilleur contrôle des dépenses du fédéral.

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) se désole de voir que le gouvernement Trudeau ne profite pas de la bonne conjoncture économique pour s’attaquer aux déficits annuels.

« Pour nous, c’est une fois de plus une occasion ratée alors que le déficit pourrait rapidement devenir hors de contrôle si l’économie devait tomber en récession », a déclaré Kathy Megyery, vice-présidente de Stratégie et affaires économiques de la FCCQ.

À cela, M. Morneau se tourne vers une récente enquête du ministère des Finances auprès de 14 institutions du secteur privé.

« Personne ne pense qu’on va avoir une récession, assure le ministre. Ça veut dire que notre situation maintenant est bonne, mais en même temps, nous devons nous assurer que nous avons la possibilité de répondre aux défis économiques dans l’avenir.

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Ottawa dévoile une mise à jour économique ce lundi

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Justin Trudeau a remis vendredi des listes de tâches détaillées à son cabinet dans des « lettres de mandat » publiées en ligne, quelques jours avant la mise à jour économique d’automne, lors de laquelle le ministre Morneau présentera une description actualisée de l’état des finances du pays avant de rencontrer ses homologues provinciaux.

Depuis la reprise des travaux sur la colline du Parlement, la semaine dernière, les conservateurs ont accusé à maintes reprises le gouvernement de Justin Trudeau de mettre le Canada dans le rouge et d’enliser l’économie du pays. S’appuyant sur un rapport de Statistique Canada selon lequel 71 000 emplois ont été perdus le mois dernier, les conservateurs affirment que le pays est au bord de la récession et reprochent à M. Trudeau de n’avoir mentionné aucune mesure visant à faire face à cette possibilité dans son discours du Trône.

Messieurs Morneau et Trudeau ont pour leur part minimisé les craintes d’une récession imminente. Tous deux maintiennent que le gouvernement est sur la bonne voie en investissant dans l’économie, plutôt qu’en adoptant l’approche conservatrice, qu’ils décrivent comme des coupes et de l’austérité.

Vendredi, cependant, dans la lettre de mandat du ministre des Finances, M. Trudeau le somme de « préserver du pouvoir financier au cas où nous aurions à faire face à un ralentissement économique ».

Cette directive est l’un des quatre « principes clé » esquissés par Justin Trudeau pour la mise en œuvre de leur plan financier. Le ministre est également appelé à continuer de réduire la dette du gouvernement en fonction de l’économie, à conserver la cote de crédit triple A du pays et à continuer d’investir « dans les gens et dans les aspects qui apportent une meilleure qualité de vie ».

Justin Trudeau lui demande également d’entreprendre « un examen des dépenses fiscales pour veiller à ce que les Canadiens les plus fortunés ne profitent pas d’allègements fiscaux injustes ».

Chacune des 36 lettres de mandat comprend un préambule identique, qui souligne la nécessité pour chaque ministre de « gouverner d’une manière positive, ouverte et collaborative », reflétant le fait que les libéraux ont été réélus le 21 octobre avec une minorité de sièges et auront besoin du soutien d’au moins l’un des principaux partis d’opposition pour faire adopter des lois et survivre aux votes de confiance.

Le préambule ne mentionne pas directement les divisions régionales mises en évidence par le scrutin, qui a vu les libéraux rayés de la carte en Alberta et en Saskatchewan, mais il souligne qu’ « il est plus important que jamais pour les Canadiens d’unir leurs forces en vue de bâtir un pays plus fort, plus inclusif et plus résilient ».

Il note que la réalisation de bon nombre des promesses électorales des libéraux nécessitera une coopération avec les partenaires provinciaux, municipaux et autochtones et affirme qu’« il est dans l’intérêt de tous de travailler ensemble pour trouver un terrain d’entente ».

Après avoir été virulemment critiqué pour avoir omis de mentionner spécifiquement l’Alberta et la Saskatchewan ou les mots « pétrole » ou « oléoduc » dans son discours du Trône, Justin Trudeau a pris soin de préciser dans la lettre de mandat du ministre des Ressources naturelles, Seamus O’Regan, que son travail consiste à veiller à ce que le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain soit mené à terme, que le secteur de l’énergie demeure une bonne source d’emplois et de prospérité et que des dispositions législatives soient mises en oeuvre pour soutenir les travailleurs et les communautés touchées par « la transition mondiale vers une économie sobre en carbone ».

Justin Trudeau recommande à tous les ministres de se comporter de manière transparente, responsable et éthique, en s’appuyant sur les conseils professionnels de fonctionnaires, en travaillant de manière constructive au Parlement, en dialoguant avec les intervenants concernés et le public et en répondant de manière professionnelle et en temps opportun aux journalistes.

Cela signifie « faire preuve d’humilité et continuer à reconnaître nos erreurs lorsque nous les commettons », note-t-il.

« Les Canadiens n’exigent pas de nous que nous soyons parfaits; ils s’attendent à ce que nous soyons diligents, honnêtes, ouverts et sincères dans nos efforts pour servir l’intérêt public. »

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