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Les «fake news» ont-elles tué le poisson d’avril?

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Ne craignez pas de vous faire attraper : il n’y a pas d’hameçon caché dans votre Devoir du premier avril. Après des années à dissimuler un poisson d’avril au sein de sa couverture habituelle — l’horoscope de Marie S. Turgeon en 2015 ; l’annonce de toutes nouvelles éoliennes souterraines aux turbines enterrées, entre autres facéties… —, votre quotidien remise cette année la tradition. D’autres médias ont pris la même décision. Microsoft a envoyé cette année une note interne à ses employés, relayée par NiemanLab, leur demandant de ne pas céder au jeu, car les « données indiquent que ces leurres ont un effet positif limité, et peuvent entraîner un cycle néfaste de nouvelles ». L’an dernier, plusieurs médias scandinaves ont décidé, en amont du jour poissonnier, de se retirer de la farce, estimant que la facilité avec laquelle les « fausses nouvelles » se répandent et deviennent virales aujourd’hui réclame une contrepartie de sérieux et de retenue. Les fake news ont-elles tué le poisson ?

« On a tellement parlé du rôle des médias, du bris de confiance de la population envers les médias, du brouillage des pistes par tous ces sites qui font de la chasse aux clics avec tout et n’importe quoi, rappelle le président d’Infopresse Communications, Arnaud Granata. Il y a une responsabilité qui me semble prise par les médias qui refusent de participer au premier avril. Ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas faire preuve d’humour, mais il y a des sections pour ça — la publicité, la promotion. Les médias doivent être une référence de crédibilité. »

Comme les « fausses nouvelles », les émissions et sites d’actualité humoristiques ou satiriques se sont multipliés ces dernières années. La pêche est miraculeuse : sans même chercher, entre « Le sac de chips » du Journal de Montréal, Le Gorafi, Le Navet, The Onion et consorts, le lecteur peut se prendre les pieds dans le filet. Le Revoir, qui détourne titres, articles et slogan du Devoir, est de ceux qui font désormais de chaque jour un poisson d’avril.

À croire que crédibilité et humour ne peuvent pas aller de pair ? « C’est qu’on ne peut faire abstraction du contexte politique, Donald Trump en tête de tous ces politiques du monde qui diabolisent les médias et qui misent sur la fausse nouvelle, poursuit M. Granata. Dans le contexte, faire attention et mettre de côté cette tradition semble plus cohérent. Les médias ont tellement mis en place ces dernières années des détecteurs de désinformation que c’est de leur part envoyer un drôle de message que d’en produire eux-mêmes le premier avril. »

De l’humour non objectif

L’humoriste Louis T. va même un cran plus loin. Pour lui, l’humour ne peut être objectif. Il recèle et révèle toujours un biais, une opinion, un éditorial, peu compatible avec le travail de journaliste. C’était d’ailleurs le sujet d’Objectivement parlant, premier spectacle de celui qu’on décrivait alors comme se situant « à mi-chemin entre un journaliste et un humoriste ».

« Je crois que le jeu n’en vaut pas la chandelle pour un média, indique-t-il en entrevue. Dans une ère où on trouve que l’opinion prend déjà trop de place, est-ce que ça vaut la peine d’en rajouter, même une fois par année ? Je comprends qu’auparavant, il pouvait y avoir une forme d’autocritique de la part du média dans l’exercice du « coup » du premier avril ; ça me semblait plus intéressant que maintenant, où il y a tant de nouvelles satiriques déjà qui circulent sur Internet. » Celui qui utilise l’actualité pour arriver à faire rire poursuit : « Dans l’humour, en plus de la prise de position, il y a souvent une petite forme de méchanceté, une pique qui laisse la place à une réaction épidermique chez la personne qui la lit ou la reçoit. Comme média, avec un article du premier avril, est-ce que je fais preuve d’autodérision ou est-ce que je veux démontrer la naïveté de mes lecteurs ? Et est-ce que comme média, j’ai intérêt vraiment à connaître le degré de naïveté de mes lecteurs ? » illustre-t-il.

Mandat de médias

« Je trouve que ce n’est pas la job des médias de faire ça, mais bon, j’ai toujours trouvé ça nono, les blagues de poisson d’avril, même quand j’étais à la petite école ! » confie Fred Savard, attrapé tout juste après l’enregistrement du cinquième épisode de son balado éponyme. « Je suis en réflexion, poursuit l’humoriste de l’actualité. Je pense que la répartie et le trait humoristique restent d’intéressantes portes d’entrée pour un sujet, mais à un moment donné, il faut aller dans le sérieux… Il commence à y en avoir trop, de l’humour, ça devient lourd », estime l’ex de la radio-canadienne La soirée est (encore) jeune.

C’est qu’on ne peut faire abstraction du contexte politique, [avec] Donald Trump en tête de tous ces politiques du monde qui diabolisent les médias et qui misent sur la fausse nouvelle

Ève Beaudin, journaliste à l’agence Science-Presse, responsable de la rubrique « Détecteur de rumeurs », est plus modérée. « Nous, on aime se servir du premier avril pour faire passer un test à nos lecteurs. On va le faire pour la troisième année de suite, mais c’est évident qu’on est dans le domaine du jeu. On ne veut absolument pas participer à la création de fausses nouvelles. » Car les articles du premier avril utilisent les mêmes ressorts, les mêmes techniques linguistiques que les fake news, annonçaient il y a quelques jours les chercheurs Edward Dearden et Alistair Baron, de l’université Lancaster. Leur étude, Fool’s Errand : Looking at April Fools Hoaxes as Disinformation Through the Lens of Deception and Humour, qui sera dévoilée dans son entièreté en avril, révèle, après l’analyse de 500 articles du premier avril sur 14 ans, que dans ces cas comme dans celui des fake news, les textes utilisent une langue moins complexe, des phrases moins longues, et sont plus faciles à lire que les articles d’actualité en bonne et due forme. Des détails précis, tels les noms, les dates et les lieux, s’y trouvent moins, et les noms propres y sont plus fréquents.

« L’exercice du premier avril nous permet de répondre au mandat d’éducation aux médias et à l’information scientifique que le « Détecteur de rumeurs » s’est donné », poursuit Mme Beaudin. « Le lendemain, on donne les résultats. » Bref, le choix est de faire un poisson d’avril détectable, un « coup » qu’on voit venir d’avance ? « Oui. On sait qu’aujourd’hui, même de grosses blagues sont prises pour être vraies, et on ne veut pas participer à la désinformation, même en faisant une farce. »

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Qu’est-ce qu’on mange ce soir?

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(EN) Vous n’êtes pas seul à n’avoir aucune idée de ce que vous mangerez ce soir. Vous ne serez peut-être pas surpris d’apprendre que 80 % des Canadiens ne savent toujours pas, à 16 heures, ce qu’ils donneront à manger à leur famille.

Reprendre une routine peut être difficile une fois que les enfants retournent à l’école. Heureusement que le chef exécutif Martin Patenaude peut nous aider à prendre la situation en main.

« En tant que tout nouveau papa, je sais qu’il est difficile de planifier ses repas, mais cela n’a pas à être compliqué ou stressant. Lorsque vous faites vos achats hebdomadaires, essayez d’acheter différents produits frais locaux, des protéines et des grains entiers que vous pourrez combiner facilement pour créer des options de repas rapides et délicieuses qui plairont à toute la famille. »

Si vous avez le goût de l’aventure, pourquoi ne pas essayer de mélanger une purée de patates douces avec des pommes locales sautées à la poêle avec un soupçon de sirop d’érable? Ce plat d’accompagnement délicieux et nourrissant se marie bien avec une poitrine de poulet aux fines herbes ou une truite locale poêlée.

« On croit souvent à tort qu’un plat simple et rapide est forcément sans intérêt, alors que ce n’est pas du tout le cas », ajoute Martin Patenaude. « Pour gagner du temps et revenir à des options de repas rapides et créatives, les magasins Provigo ont récemment lancé des ensembles repas Concocté par nos chefs.»

Ces ensembles offerts en quatre variétés dont le poulet au beurre et la lasagne au bœuf et aux épinards contiennent des portions d’ingrédients crus qu’il ne reste plus qu’à assembler et à cuisiner. Si vous êtes pressé, il existe d’autres variétés qui ne demandent qu’à être réchauffées avant d’être servies. Vous trouverez ces options pratiques dans la section des repas prêts à emporter de votre magasin local.

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Cinq conseils pour tuer la grippe dans l’œuf

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(EN) La période de la rentrée scolaire rime avec le possible retour de la grippe. Même si vous avez trouvé le filon pour éviter la grippe, il est important de prendre des mesures pour la prévenir, et ne pas risquer de contaminer quelqu’un ne pouvant pas se permettre de tomber malade.

Les enfants, les aînés, les femmes enceintes ou les personnes souffrant de maladies chroniques sont particulièrement vulnérables à la grippe. Cette année, déjouons les pronostics grâce aux quelques conseils pratiques de Geneviève Ledoux, diététiste, pour renforcer votre système immunitaire :

  1. Mangez des aliments riches en nutriments. Bien manger est l’une des meilleures façons de permettre à votre organisme de recevoir tous les nutriments nécessaires pour renforcer votre système immunitaire. Les aliments comme les agrumes, les poivrons doux, les haricots et les légumineuses, les noix et les graines, et les probiotiques, comme le yogourt, sont riches en vitamines C et E de même qu’en zinc, et sont tous des alliés utiles pour lutter contre la maladie. Consommer des aliments riches en nutriments plutôt que des suppléments offre l’avantage supplémentaire de contenir des éléments comme des fibres, du calcium et de bons gras. Rappel important : Avant de manger ce type d’aliments, n’oubliez pas de vous laver les mains.
  2. Passez une bonne nuit de sommeil. Lorsque votre corps est bien reposé, il est mieux équipé pour combattre les microbes qui attaquent votre système immunitaire. Assurez-vous de bien vous reposer avant de commencer à vous sentir mal pour que votre système immunitaire soit prêt à combattre tous ses « ennemis potentiels ».
  3. Restez active. L’exercice physique offre plus de bienfaits que simplement vous aider à rester en forme. Demeurer active peut aussi contribuer à renforcer votre système immunitaire, ce qui réduira votre risque d’être terrassée par la grippe. Les gens qui font de l’exercice régulièrement seront moins à risque de souffrir de la grippe et se rétabliront plus rapidement s’ils en sont affectés.
  4. Réduisez le stress au minimum. À l’inverse de l’exercice physique, le stress épuise le système immunitaire. C’est pourquoi il est important de réduire au minimum votre niveau de stress, surtout pendant les périodes à haut risque. Le stress et la grippe font payer un lourd tribut à l’organisme; subissez l’un d’eux et vous risquerez d’être atteint par l’autre. Pratiquez le yoga ou méditez pour favoriser la relaxation.
  5. Faites-vous vacciner contre la grippe. Bien que les étapes précédentes soient importantes pour nous aider à renforcer notre système immunitaire, il reste que 70 à 90 % des cas de grippe peuvent être évités grâce à la vaccination. La meilleure chose que vous puissiez faire est de vous faire vacciner chaque automne pour mettre toutes les chances de votre côté, et aussi pour protéger les personnes de votre entourage qui ne peuvent se permettre de contracter la grippe.

Vous avez besoin d’aide pour prévenir la grippe? La diététiste de votre magasin Provigo peut vous aider en vous offrant des consultations individuelles ou en effectuant une tournée du magasin avec vous. Passez en magasin dès aujourd’hui pour prendre rendez-vous.

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La façon la plus tendance pour prendre vos probiotiques

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(EN) Lorsqu’il s’agit de vitamines ou de suppléments quotidiens, la plupart d’entre nous préfèrent prendre une pilule plus facile à avaler. Il n’est pas surprenant que les multivitamines gélifiées ne soient plus simplement réservées qu’aux enfants; les formules pour adultes ont gagné en popularité au cours des dernières années, les options les plus récentes se concentrant sur des nutriments particuliers et plus récemment, sur les probiotiques. Si vous n’avez pas encore essayé les probiotiques gélifiés, poursuivez votre lecture pour découvrir s’ils peuvent vous convenir.

« Les suppléments gélifiés constituent une excellente option pour ceux qui n’aiment pas avaler des comprimés ordinaires », déclare Geneviève Ledoux, diététiste chez Pharmaprix. « Ils peuvent être plus agréables à ingérer que les suppléments classiques. La forme gélifiée représente ainsi une option facile et pratique pour ceux qui désirent intégrer les probiotiques à leur routine quotidienne. »

De nombreuses marques de suppléments tiennent maintenant compte des préoccupations des consommateurs en ce qui a trait au sucre, au gluten et aux produits laitiers, et lancent des produits afin de répondre à ces besoins. Par exemple, les probiotiques gélifiés de marque Life sont sans gluten, sans produits laitiers, sans soya et sans gélatine, et ne contiennent pas de sucre ajouté, car ils sont composés de vrais fruits comme les mûres, les pêches et les framboises. Pour ceux qui s’inquiètent de la teneur en sucre, la dose recommandée n’en contient qu’une infime quantité.

En fin de compte, la meilleure façon de consommer des vitamines et des probiotiques est de les trouver dans les aliments, mais les suppléments sont très pratiques s’il vous faut un petit coup de pouce ou si vous souhaitez améliorer la santé de votre système digestif. Il existe différents types de probiotiques qui offrent des bienfaits particuliers pour la santé. Certaines formules s’attaquent même aux symptômes du syndrome du côlon irritable et peuvent contribuer à soulager la gêne abdominale, les gaz et les ballonnements.

Les conseils de Geneviève Ledoux pour intégrer les probiotiques à votre alimentation sont de manger des aliments fermentés ou qui renferment des cultures actives comme le kimchi, le kombucha, le yogourt et le miso, afin de favoriser la présence de bonnes bactéries dans vos intestins.

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