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Theresa May, entre chimères et pari risqué

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Et si tout cela était un très fin complot mené de main de maître par Theresa May ? Et si les scènes ubuesques vécues mardi à la Chambre des communes n’étaient qu’un écran de fumée, le déroulé parfait d’un plan diabolique élaboré dans le plus grand secret, dans un recoin caché du 10, Downing Street ? Et si Theresa May ne poursuivait pas des chimères mais entendait bien faire adopter par les députés britanniques l’accord de retrait conclu en décembre avec l’Union européenne et sortir le Royaume-Uni de l’UE à la date prévue, le 29 mars ? On veut y croire. Même si le doute est permis.

Mardi soir, au terme d’une nouvelle journée hystérique au Parlement, les députés ont adopté deux amendements significatifs. L’un exclut la possibilité d’un Brexit sans accord. Sauf que ce vote n’a strictement aucune valeur juridique et son objet sert plutôt à donner un indice de l’humeur d’un Parlement a priori opposé à une sortie désordonnée de l’UE. L’autre amendement adopté, par une majorité de 16 voix, est nettement plus important. Présenté par le député conservateur Graham Brady et soutenu par la Première ministre, il donne à cette dernière l’instruction de retourner à Bruxelles renégocier l’accord de retrait conclu en décembre dernier par… la Première ministre. Plus précisément, l’amendement suggère à Theresa May d’indiquer aux Européens que l’accord peut être adopté par le parlement britannique, à condition de supprimer le backstop, la clause de sauvegarde en Irlande du Nord, et de le remplacer par une alternative, qui reste toujours mystérieuse.

Substantielle et solide majorité

«Il est désormais clair qu’il existe une route qui permet d’obtenir une substantielle et solide majorité dans cette Chambre pour quitter l’UE avec un accord», a souligné après le vote, presque avec le sourire, Theresa May. «Armé de ce mandat, nous allons chercher à obtenir des changements, légalement contraignants, à l’accord de retrait, qui prennent en compte les inquiétudes vis-à-vis du backstop, tout en garantissant qu’il n’y aura pas de retour à une frontière solide entre l’Irlande du Nord et l’Irlande», a-t-elle ajouté.

Cette détermination louable s’est heurtée dès mardi soir à la réaction extrêmement claire des représentants de l’UE : «no, non, nein… l’accord de retrait n’est pas renégociable». Et à un léger rappel en passant : le backstop, la clause de sauvegarde, a été proposé initialement par les négociateurs britanniques. Elle a été dictée par les lignes rouges imposées par Theresa May, pour qui la sortie de l’UE signifiait aussi la sortie de l’union douanière et du marché unique. Quant aux alternatives à ce backstop, elles ont été explorées pendant les longs mois de négociation sans qu’aucune suffisamment crédible n’ait été trouvée.

«Le triomphe de May»

La Première ministre a répété devant les députés que l’UE avait un «appétit très limité pour de tels changements et les négocier ne sera pas facile». «Mais, (…) cette Chambre a désormais clairement établi ce qu’il est requis pour approuver l’accord de retrait». Sans ironie aucune, les très conservateurs Daily Mail et Daily Express ont salué la performance de la Première ministre. «Le triomphe de May», clame mercredi en une le Daily Mail qui se félicite qu’elle ait «uni le parti conservateur», à défaut du pays. De son côté, l’Express s’exclame : «Elle l’a fait, maintenant la balle est dans le camp de l’UE !».

C’est là qu’entre en scène la suite du scénario secret de Theresa May. Elle a promis de revenir devant le Parlement le 13 février pour rendre compte de ses efforts, avec comme objectif l’organisation d’un vote le lendemain. D’ici là, aidée par la presse eurosceptique, elle pourra développer la classique réthorique britannique de l’intransigeance, voire de l’outrecuidance de l’UE à lui refuser ce qu’elle demande. Mi-février, elle pourra alors dire à ses députés : «j’ai essayé, mais cet accord, avec le backstop, est le seul sur la table». Elle pourra peut-être même se vanter d’avoir arraché difficilement à l’UE des assurances ou des éclaircissements supplémentaires dans la déclaration politique qui accompagne l’accord de retrait. A six semaines du 29 mars, date officielle du Brexit, elle comptera alors sur l’angoisse d’un Brexit «sans deal» pour rallier in-extremis les députés derrière l’accord de retrait signé en décembre.

Sauf que ce grand pari pourrait aussi échouer lamentablement et se conclure par une douloureuse – pour tous – sortie de l’UE sans accord.


Sonia Delesalle-Stolper Correspondante à Londres

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Tanzanie et Ouganda cherchent le financement pour leur projet commun d’oléoduc.

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Les projets pétroliers et oléoducs entre la Tanzanie et l’Ouganda figureront en tête des transactions d’infrastructures de cette année dans la région, mais ces pays doivent d’abord trouver un financement.

La Tanzanie et l’Ouganda recherchent un financement de plus de 6.1milliards d’euros pour ces projets, indique un nouveau rapport de Debtwire, un service de renseignement qui effectue des recherches et établit des rapports sur les situations d’endettement des entreprises.

Selon le nouveau rapport sur financement des projets africains de Debtwire pour 2019, les secteurs du pétrole et des infrastructures sont les plus susceptibles de susciter l’intérêt des investisseurs et des financiers cette année.

La Tanzanie devrait être en tête des transactions d’infrastructure avec le projet de pipeline de pétrole brut pour l’Afrique de l’Est, dont le budget est de 3 milliards d’euros. Stanbic Bank Uganda, le principal donneur d’un prêt de 2.2 milliards d’euros, a déclaré s’attendre à ce que l’accord soit conclu en juin.

Le solde de 881 millions d’euros devrait provenir des actionnaires sous forme de capitaux propres. En novembre 2018, l’Ouganda a annoncé son intention de conclure un accord financier pour l’oléoduc commun avec la Tanzanie d’ici la mi-2019, ouvrant la voie à sa construction après des mois de retards au cours desquels Kampala a révisé ses calendriers de production de pétrole.

L’Ouganda a découvert des réserves de pétrole brut il y a plus de 10 ans, mais la production a été retardée à plusieurs reprises par des désaccords avec les opérateurs sur le terrain concernant la fiscalité et la stratégie de développement. Un manque d’infrastructures telles qu’un pipeline et une raffinerie ont également freiné la production.

“Nous examinons maintenant l’année 2022 pour notre première production à partir des blocs Kingfisher et Tilenga”, a déclaré le 20 février la ministre de l’énergie de l’Ouganda, Mme Irene Muloni à l’agence Reuters, en marge de la conférence Petrotech à New Delhi.

Les sociétés chinoise CNOOC et française Total et Tullow Oil ont des intérêts dans ces deux domaines. CNOOC est l’opérateur du bloc Kingfisher tandis que Total dirige l’exploration à Tilenga.

«Nous nous préparons pour la production. Nous devons construire un pipeline pour les exportations et une raffinerie pour ajouter de la valeur. Donc, à moins que ces deux projets ne soient terminés, nous ne pouvons pas commencer la production », a déclaré Mme Muloni.

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Le Niger recherche 60 milliards francs CFA sur le marché financier de l’UEMOA

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Le Niger envisage de mobiliser sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, une enveloppe de 60 milliards de francs CFA pour financer une partie de son programme d’investissement 2019. Appuyé par BICI Bourse du groupe BNP Paribas, le pays ouest-africain lance l’emprunt « TPNE 6,50% 2019-2026 ».

Le Niger prévoit une sortie sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Il s’agira d’un emprunt dénommé « TPNE 6,50% 2019-2026 » qui porte sur 6.000.000 obligations de 10.000 francs CFA chacune. Conformément au tableau d’amortissement, les obligations rapporteront un intérêt annuel de 650 francs CFA et le premier coupon sera payé un an après la date de jouissance ou le premier jour ouvré suivant si ce jour n’est pas un jour ouvré. L’opération se déroulera du 25 février au 25 mars 2019.

D’après la note d’information relative à cette opération, le Niger bénéficiera de l’appui de BICI Bourse du groupe BNP Paribas. La note  a indique aussi que l’opération vise à mobiliser 60 milliards de francs CFA destinés à soutenir le Programme d’Investissement 2019 du pays.

Une croissance de 7 % en moyenne annuelle d’ici 2024

Pour amener les souscripteurs à s’intéresser à son emprunt obligataire, le Niger a dû présenter des arguments économiques. La note d’information indique que l’économie nigérienne a enregistré une croissance de 5,2% l’an dernier contre 4,9% enregistré un an plus tôt. Cette croissance a été imputée aux bonnes performances des secteurs primaire et tertiaire. Le pays s’attend à une croissance économique d’environ 7% en moyenne annuelle au cours des cinq prochaines années. Cette performance serait portée par les efforts de réforme structurelle du gouvernement nigérien ainsi que plusieurs grands projets d’investissement mis en place.

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Zimbabwe : un atelier de chaussures atypique

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Au Zimbabwe, nous découvrons une usine de fabrique de chaussures qui résiste à la fermeture en dépit de la crise économique actuelle.

C’est au milieu d’usines désaffectées à Bulawayo au Zimbabwe, que Courteney poursuit ses activités artisanales. L’entreprise de fabrique de chaussures emplois à plein temps 14 personnes toutes des hommes.

Ses atouts, une main d‘œuvre qualifiée et un savoir faire artisanal qui la démarque des autres entreprises. Ses produits, essentiellement destinés aux États-Unis, au Royaume-Uni et à l’Afrique du Sud, sont vendus coûtent de 140 à 500 dollars américains la paire.

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