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Santé

Des millions de Canadiens pourraient souffrir d’une grave maladie du sommeil

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Peu importe l’heure à laquelle elle se met au lit, Carolyn McCann, 67 ans, se réveille systématiquement à 4 h 30. « Je ne dors que très rarement huit heures par nuit. Je ne l’ai pas fait depuis longtemps », dit l’infirmière à la retraite.

Elle sait qu’elle n’est pas seule, puisque ses amis se plaignent souvent de nuits agitées. « Ils ne dorment pas non plus… pas comme on dormait quand on était jeune », raconte la dame.

Certains experts désignent le temps passé devant un écran comme la source principale de ce mal. D’autres l’attribuent à l’augmentation des exigences professionnelles et la consommation de caféine.

Mais peu de Canadiens réalisent que leur somnolence diurne peut être due à l’apnée du sommeil.

The National, le téléjournal de CBC, a convaincu Mme McCann et deux autres Canadiens – Arthur McGregor, 65 ans, et Kim Clark, 57 ans – de particper à une expérience. On leur a fait subir un test à domicile afin de déterminer la cause de leurs problèmes de sommeil.

Kim Clark ajuste l'équipement pour son test de sommeil à emporter.Kim Clark ajuste l’équipement pour son test de sommeil à emporter. Photo : CBC / Diane Grant

L’apnée du sommeil sous-diagnostiquée

L’apnée du sommeil est ce que les médecins appellent un trouble « obstructif ». Lorsque les muscles des voies respiratoires se détendent pendant le sommeil, les tissus peuvent bloquer la circulation de l’air, provoquant des ronflements ou même des étouffements.

Lorsque le corps sent le manque d’air, il se réveille, essentiellement jusqu’à ce que la respiration se normalise. Mais lorsque la personne s’endort à nouveau, le cycle recommence des centaines, voire plusieurs centaines de fois par nuit.

Les conséquences de l’apnée du sommeil ne se limitent pas à la somnolence. Ce trouble a été associé à une diminution de la qualité de vie, à des blessures liées au travail et à des pertes de mémoire.

La cause la plus fréquente de ce trouble est l’obésité, ce qui fait qu’il est également lié à un risque accru de diabète, d’accident vasculaire cérébral et de crise cardiaque.

Le poids est directement responsable de l’apnée du sommeil.

Andrew Holmes, technicien polysomnographe agréé et spécialiste du sommeil

Bien que l’apnée du sommeil puisse être attribuée à des traits héréditaires comme la forme du visage et du crâne, le principal déclencheur est l’embonpoint. Les personnes plus lourdes ont tendance à avoir plus de tissu autour de leurs voies respiratoires, ce qui les rend sujettes à l’obstruction – et l’apnée peut contribuer au gain de poids, ce qui empire le problème.

« Ce n’est pas seulement discriminatoire à l’égard de ceux qui ont des problèmes de poids. Nous avons une population de plus en plus nombreuse et des gens plus lourds. Et cela a un impact sur notre sommeil », dit M. Holmes.

Bien que les causes de l’apnée du sommeil soient bien comprises, le nombre exact de Canadiens qui en souffrent pose problème. Selon une étude menée en 2014 par l’Agence de la santé publique du Canada, 5,4 millions de Canadiens adultes ont reçu un diagnostic d’apnée obstructive du sommeil ou sont à risque élevé d’en souffrir.

Les signes et symptômes de l’apnée du sommeil comprennent :

  • somnolence diurne
  • ronflement fort suivi de pauses silencieuses
  • halètement ou étouffement pendant le sommeil
  • céphalée matinale
  • irritabilité ou changements d’humeur
  • mauvaise concentration ou perte de mémoire
  • diminution de la libido
  • s’endormir en conduisant

M. Holmes dit qu’il a été « choqué » d’apprendre combien de personnes souffrent de ce trouble lorsqu’il a commencé à travailler dans un laboratoire du sommeil à l’Université Carleton.

Il s’agit d’un sous-diagnostic d’environ 80 % de la population [canadienne].

Andrew Holmes, technicien polysomnographe agréé et spécialiste du sommeil

Les faibles taux de diagnostic sont attribuables, en partie, à la nature de l’affection : bon nombre des symptômes les plus évidents, comme le ronflement et les pauses respiratoires, surviennent pendant le sommeil. D’autres, comme la somnolence diurne, sont souvent balayés comme une fatigue « normale ».

« Plus embrouillé »

M. Holmes, dont les clients comprennent des soldats souffrant du syndrome de stress post-traumatique et l’équipe de les joueurs des Sénateurs d’Ottawa, de la LNH, affirme que le sommeil est la clé de la santé émotionnelle, mentale et physique.

« Sans un sommeil de qualité et la bonne quantité de sommeil chaque nuit, nous pouvons vraiment nous mettre dans une situation désavantageuse pour obtenir un rendement optimal », dit M. Holmes.

Arthur McGregor, qui dort en moyenne cinq à six heures par nuit, craint l’impact  de son manque de sommeil sur son gagne-pain en tant que musicien et sur sa mémoire. Arthur McGregor, qui dort en moyenne cinq à six heures par nuit, craint l’impact de son manque de sommeil sur son gagne-pain en tant que musicien et sur sa mémoire. Photo : CBC / Duncan McCue

La diminution de la performance hante Arthur McGregor. Il craint que le manque de sommeil ait un impact négatif sur son gagne-pain en tant que musicien, et il oublie de plus en plus de choses.

« Je crois honnêtement que je ne me sens plus confus. J’ai… quel est le mot que je cherche? J’ai de la difficulté à me souvenir de certaines choses », ajoute-t-il. Au cours des deux dernières décennies, M. McGregor a dormi en moyenne cinq à six heures par nuit. Il a essayé en vain divers somnifères.

Lorsque ses ronflements ont commencé à perturber le sommeil de sa femme, le médecin de M. McGregor lui a recommandé un appareil de ventilation spontanée à pression positive continue (CPAP). Il s’agit d’une petite pompe de chevet reliée par un tuyau à un masque et qui souffle un jet d’air sous pression pour aider à garder les voies respiratoires d’une personne ouvertes pendant son sommeil.

Son ronflement s’est amélioré, sa qualité de sommeil, non­.

« Ça m’a donné l’idée que mon problème de sommeil n’était pas un problème d’apnée, c’était autre chose qui se passait », confie l’homme de 65 ans.

Andrew Holmes explique à Carolyn McCann comment fonctionne l'équipement de test du sommeil. Andrew Holmes explique à Carolyn McCann comment fonctionne l’équipement de test du sommeil. Photo : CBC / Duncan McCue

Utilisant toujours la CPAP, il a récemment changé son régime alimentaire et a perdu 15 livres. Il voulait voir si cela pouvait l’aider. Il a accepté l’offre du National d’organiser un test du sommeil, parce qu’il était curieux de voir si la perte de poids avait amélioré son sommeil et si la perte de mémoire était attribuable au sommeil ou à un autre problème de santé.

J’aimerais savoir si je dors vraiment quand je dors.

Carolyn McCann

Carolyn McCann, elle, a passé le test parce qu’elle voulait comprendre pourquoi elle est si agitée toute la nuit.

Kim Clark, de son côt, dit qu’elle a appris à dormir quatre à six heures par nuit par nécessité, pas par choix. « Si je pouvais changer quoi que ce soit, ce ne serait pas ma taille, mon poids ou la taille de mes seins, mais mes habitudes de sommeil. J’ai toujours été une horrible dormeuse. »

M. Holmes a donné de l’équipement aux trois participants pour qu’ils puissent surveiller la façon dont ils respirent pendant la nuit. Ils ont eux-mêmes mis en place ces tests à emporter. Les résultats ont été étudiés par M. Holmes ainsi que par un médecin et un respirologue spécialisé en médecine du sommeil.

Les données montrent la diversité remarquable des problèmes de sommeil et des solutions potentielles.

Mme Clark dormait plus qu’elle ne le pensait, près de neuf heures, et elle a eu peu de cas d’apnée. M. Holmes a suggéré que la méditation simple peut améliorer son sommeil en aidant à ralentir son cœur.

M. McGregor a dormi un peu moins de six heures. Cependant, il était heureux d’apprendre qu’il n’avait que 10 à 15 épisodes d’apnée par heure, soit moins qu’avant qu’il ne commence à utiliser la machine CPAP. M. Holmes l’a informé qu’un nouveau masque facial CPAP mieux ajusté pourrait encore améliorer son sommeil.

Le test de Mme McCann était une autre histoire.

Pendant qu’elle dormait près de huit heures, elle a eu jusqu’à 24 épisodes d’hypoxie d’apnée toutes les heures, une forme modérée d’apnée du sommeil. Son taux d’oxygène a parfois chuté à 76 %, bien en deçà de l’intervalle recommandé de 90 %, ce qui laisse penser que son système cardiovasculaire est soumis à une pression accrue.

« J’ai été vraiment surprise, dit-elle. Je n’ai jamais imaginé que j’avais l’apnée du sommeil. »

Mme McCann a été consternée par le conseil de M. Holmes, selon lequel elle pourrait avoir besoin d’utiliser un appareil de PPC tous les soirs. « Je ferai certainement quelque chose à ce sujet. Je ne vais pas l’ignorer… Je ne veux pas mourir d’une crise cardiaque ou d’une attaque », poursuit-elle.

Andrew Holmes reconnaît que les appareils CPAP sont stigmatisés, mais souligne que ce n’est pas une raison pour ignorer les symptômes d’un problème de sommeil. Selon lui, les Canadiens privés de sommeil doivent déterminer la cause du problème et prendre des mesures pour trouver des solutions, qu’il s’agisse d’un appareil CPAP ou une modification de leur alimentation et de leur mode de vie.

D’après le reportage de Duncan McCue, CBC News (Nouvelle fenêtre)

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Santé

Le vaccin contre l’influenza plus efficace cette année

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En dépit de l’activité grippale qui bat son plein au pays, le virus semble moins virulent cette année que l’année dernière en raison notamment d’un vaccin particulièrement efficace.

7 personnes sur 10 sont vraiment très protégées, c’est un avantage.

Richard Fachehoun, médecin au CISSS de la Côte-Nord

Le deuxième élément qui explique cette efficacité du vaccin, c’est que le type d’influenza qui circule est couvert par le vaccin, explique Richard Fachehoun, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive au CISSS de la Côte-Nord. Il s’agit de surcroît d’un type d’influenza qui n’est pas considéré donner des éclosions dans les milieux de vie.

Une campagne de vaccination plus ciblée

Un autre facteur peut avoir un effet sur le nombre d’hospitalisations en lien avec la grippe.

Cette année, le ministère de la Santé, à la suite des recommandations de l’Institut national de recherche scientifique, a mis l’accent sur la vaccination de groupes particuliers.

La campagne de vaccination vise principalement :

  • les enfants de 6 à 17 mois qui ont des maladies chroniques;
  • les femmes enceintes aux 2e et 3e trimestres;
  • les adultes souffrant de maladie chronique;
  • les personnes âgées de plus de 75 ans.

Bien que la campagne de vaccination ne vise plus les personnes de 60 à 74 ans et les bébés de 6 à 23 mois, comme c’était le cas l’an passé, le ministère de la Santé continue tout de même à offrir gratuitement le vaccin à ce segment de la population.

Trop tôt pour un bilan

Selon le rapport hebdomadaire de l’Agence de la santé publique du Canada, la grippe a causé 56 décès au pays en date du 19 février. De ce nombre, moins de dix décès ont eu lieu chez des enfants.

Il est encore trop tôt cependant pour faire le bilan de l’activité grippale au pays étant donné que la saison n’est pas encore terminée.

Avec les informations d’Isabelle Damphousse

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Santé

Le CISSS de Chaudière-Appalaches, une « Entreprise en santé Élite »

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Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, la direction de l’établissement a mis en place des mesures pour offrir un meilleur milieu de travail afin d’attirer les travailleurs et, surtout, de les retenir.

Le CISSS a consulté ses employés pour améliorer ses pratiques de gestion, favoriser de saines habitudes de vie et améliorer l’environnement de travail.

« Dans le contexte actuel du marché de l’emploi, à titre de plus grand employeur de Chaudière-Appalaches, il est important que notre personnel soit en bonne santé physique et psychologique afin qu’à son tour, il puisse être pleinement disponible à prendre soin de la santé et du bien-être des citoyens de la région », commente la direction du CISSS de Chaudière-Appalaches

Il s’agit du premier CISSS ou CIUSSS au Québec à recevoir cette certification décernée par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ).

La certification est en vigueur pour une durée de trois ans.

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Santé

Trop de temps devant les écrans nuit au développement des enfants, selon une étude

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Selon l’étude publiée dans la revue médicale JAMA Pediatrics, une durée excessive passée devant les écrans explique pourquoi un enfant sur quatre au Canada commence ses années scolaires avec un déficit.

Notre étude montre que les enfants d’âge préscolaire qui passent trop de temps devant un écran […] font partie de ceux qui présentent des retards et des déficits d’apprentissage à leur entrée à l’école à l’âge de 5 ans

Sheri Madigan, chercheuse et professeure Université de Calgary

Les auteurs de l’étude mentionnent qu’il ne faut pas passer trop de temps devant la télévision, mais aussi devant tout autre appareil connecté à Internet, les jeux vidéo ou les autres supports numériques comme les tablettes ou les téléphones cellulaires.

2500 foyers sondés

Selon la chercheuse et professeure de l’Université de Calgary Sheri Madigan, l’étude a examiné la combinaison entre le temps passé devant un écran et le développement à la petite enfance dans 2500 foyers albertains entre 2011 et 2016. Les familles devaient indiquer le nombre d’heures passées devant des écrans par les enfants.

Les chercheurs ont déterminé que les enfants avaient passé en moyenne 2,4 heures par jour devant un écran à l’âge de 2 ans, 3,6 heures par jour à l’âge de 3 ans et 1,6 heure par jour à l’âge de 5 ans.

Un père tient une tablette électronique et la montre à sa fille. Trop de temps d’écran nuit au développement des enfants. Photo : iStock

Ces durées dépassent les recommandations de la Société canadienne de pédiatrie, qui suggère de limiter le temps d’écran à une heure par jour pour les enfants de 2 à 5 ans et conseille de privilégier les programmes de haute qualité axés sur l’apprentissage et le développement.

Selon l’étude, les enfants passant trop de temps devant un écran ne parviennent pas à atteindre les cibles de développement de langage et de communication, de résolution de problèmes et de motricité.

« Ce qui distingue notre étude de celles réalisées précédemment sur le sujet est que nous avons examiné l’impact à long terme du temps passé devant un écran, comment le temps passé devant un écran à l’âge de 2 ans a un effet sur le développement à 5 ans », explique Sheri Madigan, qui est aussi la titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les déterminants du développement des enfants.

Nos résultats montrent qu’une des raisons possibles des disparités en matière d’apprentissage et de comportement à l’entrée à l’école est que certains enfants sont trop souvent devant leur écran pendant leur petite enfance.

Sheri Madigan, chercheuse et coauteure de l’étude

Elle ajoute que les enfants ne font plus assez d’activité physique en raison de toutes les heures qu’ils passent devant des tablettes ou la télévision et qu’ils ne développent pas les habiletés motrices nécessaires pour courir, faire du vélo ou jouer au ballon. Les interactions primordiales avec les parents sont aussi réduites, selon l’étude.

« Lorsqu’ils sont devant des écrans, ces interactions entre parents et enfants ne se produisent pas, ce qui peut retarder ou empêcher le développement des enfants », précise Sheri Madigan.

Deux fillettes rient et jouent avec une tablette.Deux fillettes jouent avec une tablette. Photo : iStock / maximkabb

Une solution facile

La coauteure de l’étude, Suzanne Tough, qui est professeure dans les départements de pédiatrie et de sciences de la santé communautaire à l’Université de Calgary, dit qu’il est facile pour les parents d’asseoir les enfants devant la télévision.

« La plupart des familles vivent dans une maison avec un appareil connecté à Internet et avec de nombreux écrans », explique-t-elle.

Notre génération est de plus en plus pressée et occupée. L’accès facile à des écrans représente une solution perçue comme étant inoffensive pour occuper les enfants.

Suzanne Tough, professeure et coauteure de l’étude

Sheri Madigan et Suzanne Tough souhaitent que les parents prennent conscience de l’impact du temps passé devant des écrans et imposent à leurs enfants une durée maximale devant les écrans.

Elles proposent aussi de créer des zones sans écrans, dans la cuisine par exemple, pour pouvoir faire des repas en famille.

Quant aux parents qui savent que leurs jeunes enfants passent ou ont passé trop de temps devant un écran, Sheri Madigan souligne qu’il est toujours temps pour eux de s’adapter.

« Les cerveaux des enfants se développent durant l’enfance, mais également après. Alors il est encore temps d’apporter des changements », conclut-elle.

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