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Santé

Assurance maladie grave : « Je me sens comme trompé, arnaqué »

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Josée Morin aime la clarté, la limpidité et la précision, essentielles à son travail d’optométriste. Femme d’affaires éclairée, elle achète en 2009 une assurance maladie grave, histoire d’avoir l’esprit tranquille financièrement, si par malheur elle tombe malade.

« Si je dois cesser de travailler, je dois protéger mes revenus futurs, explique-t-elle. C’est pour ça que j’ai pris cette assurance. »

Elle débourse 335 $ par mois pour une police d’assurance de 100 000 $ qui couvre 24 maladies, comme la cécité, la crise cardiaque, l’alzheimer ou encore le cancer.

Un cancer pas « assez » grave

Le 27 décembre 2016, Josée Morin découvre une flaque de sang dans la cuvette. Le diagnostic est brutal : elle souffre d’un cancer du rein.

C’était dévastateur. J’ai un cancer qui risque de me faire mourir statistiquement à 30 ou 40 %, en l’espace de cinq ans.

Josée Morin
Josée Morin, de profil, en train de regarder dans un appareil d'optométrie.Josée Morin, optométriste Photo : Radio-Canada / La facture

Malgré la gravité de son cancer, l’ablation complète de son rein droit et sept mois sans pouvoir travailler, sa compagnie d’assurance refuse de l’indemniser. « Ils m’ont répondu que mon cancer correspondait à la définition d’un petit cancer », raconte Josée Morin.

Pour être indemnisé, le cancer doit être invasif, c’est-à-dire qu’il doit envahir les tissus autour de l’organe touché. C’est ce qui est prévu dans le contrat de la Great-West. Or, le cancer de Josée Morin n’a pas envahi les tissus autour de son rein.

Le reportage d’Annie Hudon-Friceau et Christine Campestre est diffusé le 15 janvier à l’émission La facture sur ICI TÉLÉ.

Une crise cardiaque qui n’en est pas une, selon le contrat

Denis Capes est courtier d’assurances. Il vend ce type de produit depuis des années. Il croyait tellement à l’assurance maladie grave qu’il a été l’un des premiers à en contracter une au début de l’an 2000.

Alors qu’il ramasse les feuilles à l’automne 2017, il est terrassé par une crise cardiaque. À sa grande surprise, sa compagnie d’assurance, Manuvie, refuse de l’indemniser.

Je me sens comme trompé, arnaqué. Je me suis senti seul là-dedans. Il y a des fois [où­] je me serais assis par terre et j’aurais pleuré.

Denis Capes

Malgré cinq heures d’opération à coeur ouvert, la crise cardiaque de Denis Capes n’en est pas une au sens de sa police. « Son électrocardiogramme n’a pas eu de nouvelles variations », précise l’assureur dans la lettre de refus.

Denis Capes pose à la caméra.Denis Capes Photo : Radio-Canada / La facture

« J’avais Manuvie tatouée sur le coeur. On achète le produit, on se croit couvert, la compagnie nous incite à croire qu’on est à l’abri, qu’on a la tranquillité d’esprit. C’est loin d’être vrai », témoigne Denis Capes.

Qu’est-ce que l’assurance maladie grave?

L’assurance maladie grave offre une protection en cas de maladies graves. L’un des avantages de ce produit financier est que la personne éligible reçoit une somme forfaitaire, en un seul versement – par exemple 100 000 $ – dès qu’une maladie couverte par le contrat est diagnostiquée.

Un jargon médical tout sauf clair et limpide

La plupart des compagnies d’assurance offrent différentes protections en cas de maladie grave. Mais la stratégie de vente est souvent la même. On mise d’abord et avant tout sur les émotions et sur la prévalence des maladies graves. Les publicités pullulent de statistiques comme celles-ci : près d’une personne sur deux aura un cancer au cours de sa vie, un Canadien subit une crise cardiaque toutes les sept minutes, plus de 500 000 Canadiens souffrent d’un trouble cognitif, etc.

Le problème, c’est qu’on vend le produit en présentant une liste de maladies couvertes par l’assurance, mais le contrat, qui explique en détail les maladies donnant droit à l’indemnisation, n’est en général remis à l’assuré qu’après sa signature. Le client bénéficie d’une période de grâce, pour résilier son contrat, s’il s’en déclare insatisfait.

Et même avec le contrat en main, on se bute systématiquement à un jargon médical incompréhensible pour le commun des mortels.

Une loupe grossit la définition de « maladie grave » dans un document écrit.Extrait d’un contrat d’assurance maladie grave expliquant les maladies couvertes. Photo : Radio-Canada / La facture

Maladies graves et exclusions

Exemples tirés de différents contrats d’assurance

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« Crise cardiaque (Infarctus du myocarde)
Mort d’une partie du muscle cardiaque à cause d’un apport sanguin inadéquat à cette partie. Le diagnostic doit être posé en fonction de :

i) nouvelles variations électrocardiographiques qui montrent un infarctus du myocarde, et
ii) élévation des enzymes cardiaques »

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« Par un cancer constituant un danger de mort, on entend une tumeur caractérisée par la croissance désordonnée et la prolifération des cellules malignes et l’invasion des tissus. La définition constituant un danger de mort ne comprend pas les formes suivantes de cancer :

– carcinome in situ mélanome malin à une profondeur de 0,75 mm ou moins
– carcinome squameux de la peau non métastasée »

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« Par infection par le VIH contracté au travail, on entend l’infection par le virus de l’immunodéficience acquise (VIH) en conséquence d’une blessure accidentelle survenue dans l’exercice de la profession habituelle de l’assuré et qui a entraîné une exposition à des liquides organiques contaminés par le VIH. »

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« Par maladie d’Alzheimer, on entend une maladie dégénérative et évolutive du cerveau. L’assuré doit manifester une perte de capacité intellectuelle […] qui entraîne une réduction si importante de son fonctionnement mental et social qu’il a besoin d’un minimum de huit heures de supervision quotidienne. »

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« Chirurgie de l’aorte […] : aucune prestation n’est payable au titre de la définition du terme “chirurgie de l’aorte” en cas d’angioplastie, d’intervention chirurgicale intra-artérielle ou transcathéter percutanée ou d’intervention non chirurgicale. »

Jacqueline Bissonnette, l’avocate de Josée Morin, croit qu’il était impossible pour sa cliente de comprendre la portée de sa police d’assurance lorsqu’elle a signé son contrat.

Ça crée chez les individus ce que moi j’appelle un faux sentiment de sécurité. Les gens, à la lecture de la police, ne peuvent pas voir à quel point cette police est limitée. Pour un assuré qui lit ça, c’est du chinois. À moins d’être médecin.

L’avocate Jacqueline Bissonnette

Pour mieux saisir le niveau de difficulté du vocabulaire des polices d’assurance, La facture a consulté le chirurgien cardiaque Ismail El-Hamamsy à l’Institut de cardiologie de Montréal.

« La difficulté de la chose, c’est que les maladies sont très variables. Donc il faudrait aller voir un cardiologue, il faudrait aller voir un neurologue pour l’alzheimer, il faudrait aller voir un oncologue pour le cancer. Forcément, ça crée beaucoup de confusion », note le chirurgien.

Je pense que monsieur et madame Tout-le-Monde ne peuvent pas comprendre de façon très claire toutes les nuances au sein de chacune des 15 ou 20 maladies qui sont citées dans ces assurances-là.

Ismail El-Hamamsy, chirurgien cardiaque à l’Institut de cardiologie de Montréal
Ismail El-Hamamsy pose dans une salle d'opération vêtu de son habit de chirurgie.Le Dr Ismail El-Hamamsy Photo : Radio-Canada / La facture

Dans le monde médical, par exemple, une crise cardiaque, ça ne veut rien dire. « En tant que médecin, on évite de parler de crise cardiaque, parce qu’encore une fois c’est un terme qui est trop large. Et je pense que le problème est un peu là. C’est peut-être quelque chose qu’il faut corriger de la part des compagnies d’assurance lorsqu’elles vendent leurs polices d’assurance aux patients. Même quand c’est grave au point d’avoir besoin d’une opération d’une chirurgie à cœur ouvert, on peut ne pas être éligible », observe Ismail El-Hamamsy.

L’avocate de Josée Morin réclame des changements.

Il va falloir à un moment donné [que l’assureur] s’assoie et qu’il parle français pour que l’assuré puisse le comprendre. S’il ne le fait pas, quant à moi, il est responsable des attentes qu’il crée chez son assuré.

L’avocate Jacqueline Bissonnette

Un an après son premier cancer, Josée a pour sa part appris qu’elle en avait un deuxième. Une récidive du premier, cette fois dans la vessie. Mais là encore, ce n’est pas assez grave au sens de sa police d’assurance.

« Je ne peux vivre avec l’idée que d’autres personnes achètent la même assurance et vivent la profonde injustice, le sentiment d’avoir été flouée dans une période où ta vie est en danger », explique-t-elle.

Un courtier d’assurance complètement désabusé

« Je n’ai plus le goût de travailler dans l’assurance. Je ne crois plus aux compagnies d’assurance. Nous autres, on s’est fait utiliser là-dedans, les représentants. Ils savent qu’il y a des problèmes de définitions, des problèmes d’ambiguïtés. Le monde de l’assurance est assis sur des mines […]. On ne sait pas à quel moment ça va exploser », lance Denis Capes.

La Great-West et Manuvie ont toutes deux refusé de commenter le dossier de leur client.

Il nous a également été impossible d’obtenir le point de vue de l’industrie. Même l’ACCAP, l’organisme qui représente l’ensemble des compagnies d’assurances de personnes, s’est finalement désistée.

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Santé

Le vaccin contre l’influenza plus efficace cette année

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En dépit de l’activité grippale qui bat son plein au pays, le virus semble moins virulent cette année que l’année dernière en raison notamment d’un vaccin particulièrement efficace.

7 personnes sur 10 sont vraiment très protégées, c’est un avantage.

Richard Fachehoun, médecin au CISSS de la Côte-Nord

Le deuxième élément qui explique cette efficacité du vaccin, c’est que le type d’influenza qui circule est couvert par le vaccin, explique Richard Fachehoun, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive au CISSS de la Côte-Nord. Il s’agit de surcroît d’un type d’influenza qui n’est pas considéré donner des éclosions dans les milieux de vie.

Une campagne de vaccination plus ciblée

Un autre facteur peut avoir un effet sur le nombre d’hospitalisations en lien avec la grippe.

Cette année, le ministère de la Santé, à la suite des recommandations de l’Institut national de recherche scientifique, a mis l’accent sur la vaccination de groupes particuliers.

La campagne de vaccination vise principalement :

  • les enfants de 6 à 17 mois qui ont des maladies chroniques;
  • les femmes enceintes aux 2e et 3e trimestres;
  • les adultes souffrant de maladie chronique;
  • les personnes âgées de plus de 75 ans.

Bien que la campagne de vaccination ne vise plus les personnes de 60 à 74 ans et les bébés de 6 à 23 mois, comme c’était le cas l’an passé, le ministère de la Santé continue tout de même à offrir gratuitement le vaccin à ce segment de la population.

Trop tôt pour un bilan

Selon le rapport hebdomadaire de l’Agence de la santé publique du Canada, la grippe a causé 56 décès au pays en date du 19 février. De ce nombre, moins de dix décès ont eu lieu chez des enfants.

Il est encore trop tôt cependant pour faire le bilan de l’activité grippale au pays étant donné que la saison n’est pas encore terminée.

Avec les informations d’Isabelle Damphousse

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Santé

Le CISSS de Chaudière-Appalaches, une « Entreprise en santé Élite »

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Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, la direction de l’établissement a mis en place des mesures pour offrir un meilleur milieu de travail afin d’attirer les travailleurs et, surtout, de les retenir.

Le CISSS a consulté ses employés pour améliorer ses pratiques de gestion, favoriser de saines habitudes de vie et améliorer l’environnement de travail.

« Dans le contexte actuel du marché de l’emploi, à titre de plus grand employeur de Chaudière-Appalaches, il est important que notre personnel soit en bonne santé physique et psychologique afin qu’à son tour, il puisse être pleinement disponible à prendre soin de la santé et du bien-être des citoyens de la région », commente la direction du CISSS de Chaudière-Appalaches

Il s’agit du premier CISSS ou CIUSSS au Québec à recevoir cette certification décernée par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ).

La certification est en vigueur pour une durée de trois ans.

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Trop de temps devant les écrans nuit au développement des enfants, selon une étude

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Selon l’étude publiée dans la revue médicale JAMA Pediatrics, une durée excessive passée devant les écrans explique pourquoi un enfant sur quatre au Canada commence ses années scolaires avec un déficit.

Notre étude montre que les enfants d’âge préscolaire qui passent trop de temps devant un écran […] font partie de ceux qui présentent des retards et des déficits d’apprentissage à leur entrée à l’école à l’âge de 5 ans

Sheri Madigan, chercheuse et professeure Université de Calgary

Les auteurs de l’étude mentionnent qu’il ne faut pas passer trop de temps devant la télévision, mais aussi devant tout autre appareil connecté à Internet, les jeux vidéo ou les autres supports numériques comme les tablettes ou les téléphones cellulaires.

2500 foyers sondés

Selon la chercheuse et professeure de l’Université de Calgary Sheri Madigan, l’étude a examiné la combinaison entre le temps passé devant un écran et le développement à la petite enfance dans 2500 foyers albertains entre 2011 et 2016. Les familles devaient indiquer le nombre d’heures passées devant des écrans par les enfants.

Les chercheurs ont déterminé que les enfants avaient passé en moyenne 2,4 heures par jour devant un écran à l’âge de 2 ans, 3,6 heures par jour à l’âge de 3 ans et 1,6 heure par jour à l’âge de 5 ans.

Un père tient une tablette électronique et la montre à sa fille. Trop de temps d’écran nuit au développement des enfants. Photo : iStock

Ces durées dépassent les recommandations de la Société canadienne de pédiatrie, qui suggère de limiter le temps d’écran à une heure par jour pour les enfants de 2 à 5 ans et conseille de privilégier les programmes de haute qualité axés sur l’apprentissage et le développement.

Selon l’étude, les enfants passant trop de temps devant un écran ne parviennent pas à atteindre les cibles de développement de langage et de communication, de résolution de problèmes et de motricité.

« Ce qui distingue notre étude de celles réalisées précédemment sur le sujet est que nous avons examiné l’impact à long terme du temps passé devant un écran, comment le temps passé devant un écran à l’âge de 2 ans a un effet sur le développement à 5 ans », explique Sheri Madigan, qui est aussi la titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les déterminants du développement des enfants.

Nos résultats montrent qu’une des raisons possibles des disparités en matière d’apprentissage et de comportement à l’entrée à l’école est que certains enfants sont trop souvent devant leur écran pendant leur petite enfance.

Sheri Madigan, chercheuse et coauteure de l’étude

Elle ajoute que les enfants ne font plus assez d’activité physique en raison de toutes les heures qu’ils passent devant des tablettes ou la télévision et qu’ils ne développent pas les habiletés motrices nécessaires pour courir, faire du vélo ou jouer au ballon. Les interactions primordiales avec les parents sont aussi réduites, selon l’étude.

« Lorsqu’ils sont devant des écrans, ces interactions entre parents et enfants ne se produisent pas, ce qui peut retarder ou empêcher le développement des enfants », précise Sheri Madigan.

Deux fillettes rient et jouent avec une tablette.Deux fillettes jouent avec une tablette. Photo : iStock / maximkabb

Une solution facile

La coauteure de l’étude, Suzanne Tough, qui est professeure dans les départements de pédiatrie et de sciences de la santé communautaire à l’Université de Calgary, dit qu’il est facile pour les parents d’asseoir les enfants devant la télévision.

« La plupart des familles vivent dans une maison avec un appareil connecté à Internet et avec de nombreux écrans », explique-t-elle.

Notre génération est de plus en plus pressée et occupée. L’accès facile à des écrans représente une solution perçue comme étant inoffensive pour occuper les enfants.

Suzanne Tough, professeure et coauteure de l’étude

Sheri Madigan et Suzanne Tough souhaitent que les parents prennent conscience de l’impact du temps passé devant des écrans et imposent à leurs enfants une durée maximale devant les écrans.

Elles proposent aussi de créer des zones sans écrans, dans la cuisine par exemple, pour pouvoir faire des repas en famille.

Quant aux parents qui savent que leurs jeunes enfants passent ou ont passé trop de temps devant un écran, Sheri Madigan souligne qu’il est toujours temps pour eux de s’adapter.

« Les cerveaux des enfants se développent durant l’enfance, mais également après. Alors il est encore temps d’apporter des changements », conclut-elle.

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