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La Birmanie garde en prison deux journalistes de Reuters

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Ils sont un des symboles du naufrage de la jeune démocratie birmane. Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, deux reporters birmans travaillant pour l’agence de presse britannique Reuters, ont été de nouveau condamnés à sept ans de prison, vendredi à Rangoun, pour avoir «enfreint la loi sur les secrets d’Etat».

Les deux hommes enquêtaient, en décembre 2017, sur le massacre de Rohingyas par l’armée birmane, dans le village d’Inn Din, lorsqu’on leur a remis des documents classifiés relatifs aux opérations des forces de sécurité birmanes dans l’Etat Rakhine. Un policier, Moe Yan Naing, témoignera lors du procès qu’il avait reçu l’ordre de «piéger» les journalistes lors d’une soirée au restaurant pour les empêcher de continuer leur travail. Un autre policier a admis que le contenu des documents, remis par deux enquêteurs aux reporters et supposés contenir des secrets d’Etat, avait été déjà publié dans la presse… Après leur arrestation, les deux reporters ont été interrogés à plusieurs reprises, cagoulés et privés de sommeil.

L’armée a pourtant avoué le massacre d’une dizaine de personnes dans ce village de l’Etat Rakhine (ou Arakan), dans un post Facebook publié en janvier 2018 : «Des villageois et des membres des forces de sécurité ont avoué avoir commis un meurtre. […] Comme il n’y avait pas de possibilité de transférer les dix terroristes bengalis [rohingyas, ndlr] au poste de police d’Inn Din, il a été décidé de les tuer.» Un drame emblématique de l’opération de nettoyage ethnique qui a obligé 700 000 musulmans vivant dans l’ouest de la Birmanie à fuir au Bangladesh en quatre mois, et qui a fait, selon Médecins sans frontières, au moins 6 700 morts.

En novembre, Libération avait rencontré Pan Ei, la femme de Wa Lone, et leur bébé né durant l’incarcération de son père. Elle racontait comment, lors de la première condamnation de son époux à sept ans de prison, elle avait eu le malheur de déclarer qu’elle était «très triste que notre cher leader Aung San Suu Kyi, que nos deux familles aiment et respectent, ait de fausses idées sur les intentions de nos maris». Et que face aux réactions d’une extrême violence, elle avait dû déménager pour échapper aux insultes et aux accusations de «traître à la patrie» à l’encontre de son mari.

À lire aussi«Quiconque critique Aung Suu Kyi est suspect»

Stephen Adler, président de Reuters, a déclaré après l’annonce de la nouvelle condamnation de ses journalistes : «Le reportage n’est pas un crime, et tant que la Birmanie n’aura pas remédié à cette terrible injustice, la presse ne sera pas libre, et l’engagement de la Birmanie en faveur de l’Etat de droit et de la démocratie restera incertain.»

Le cas de Wa Lone et de Kyaw Soe Oo est loin d’être isolé, et la critique du pouvoir en Birmanie devient de plus en plus dangereuse. Selon Athan, une ONG locale, près de trois fois plus de journalistes et de militants ont été inquiétés par la justice depuis l’arrivée au pouvoir de l’ancienne icône de la démocratie Aung San Suu Kyi, que sous celui du président Thein Sein entre 2011 et 2016. En octobre, trois journalistes du groupe Eleven Media ont été emprisonnés pour avoir dénoncé des conflits d’intérêts dans l’importation de bus chinois impliquant un proche de la Prix Nobel de la paix. Les avocats de Wa Lone et de Kyaw Soe Oo peuvent encore saisir la Cour suprême.

Lire l’enquête de Wa Lone et Kyaw Soe Oo pour Reuters : «Massacre in Myanmar» (en anglais).


Laurence Defranoux

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Tanzanie et Ouganda cherchent le financement pour leur projet commun d’oléoduc.

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Les projets pétroliers et oléoducs entre la Tanzanie et l’Ouganda figureront en tête des transactions d’infrastructures de cette année dans la région, mais ces pays doivent d’abord trouver un financement.

La Tanzanie et l’Ouganda recherchent un financement de plus de 6.1milliards d’euros pour ces projets, indique un nouveau rapport de Debtwire, un service de renseignement qui effectue des recherches et établit des rapports sur les situations d’endettement des entreprises.

Selon le nouveau rapport sur financement des projets africains de Debtwire pour 2019, les secteurs du pétrole et des infrastructures sont les plus susceptibles de susciter l’intérêt des investisseurs et des financiers cette année.

La Tanzanie devrait être en tête des transactions d’infrastructure avec le projet de pipeline de pétrole brut pour l’Afrique de l’Est, dont le budget est de 3 milliards d’euros. Stanbic Bank Uganda, le principal donneur d’un prêt de 2.2 milliards d’euros, a déclaré s’attendre à ce que l’accord soit conclu en juin.

Le solde de 881 millions d’euros devrait provenir des actionnaires sous forme de capitaux propres. En novembre 2018, l’Ouganda a annoncé son intention de conclure un accord financier pour l’oléoduc commun avec la Tanzanie d’ici la mi-2019, ouvrant la voie à sa construction après des mois de retards au cours desquels Kampala a révisé ses calendriers de production de pétrole.

L’Ouganda a découvert des réserves de pétrole brut il y a plus de 10 ans, mais la production a été retardée à plusieurs reprises par des désaccords avec les opérateurs sur le terrain concernant la fiscalité et la stratégie de développement. Un manque d’infrastructures telles qu’un pipeline et une raffinerie ont également freiné la production.

“Nous examinons maintenant l’année 2022 pour notre première production à partir des blocs Kingfisher et Tilenga”, a déclaré le 20 février la ministre de l’énergie de l’Ouganda, Mme Irene Muloni à l’agence Reuters, en marge de la conférence Petrotech à New Delhi.

Les sociétés chinoise CNOOC et française Total et Tullow Oil ont des intérêts dans ces deux domaines. CNOOC est l’opérateur du bloc Kingfisher tandis que Total dirige l’exploration à Tilenga.

«Nous nous préparons pour la production. Nous devons construire un pipeline pour les exportations et une raffinerie pour ajouter de la valeur. Donc, à moins que ces deux projets ne soient terminés, nous ne pouvons pas commencer la production », a déclaré Mme Muloni.

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Le Niger recherche 60 milliards francs CFA sur le marché financier de l’UEMOA

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Le Niger envisage de mobiliser sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, une enveloppe de 60 milliards de francs CFA pour financer une partie de son programme d’investissement 2019. Appuyé par BICI Bourse du groupe BNP Paribas, le pays ouest-africain lance l’emprunt « TPNE 6,50% 2019-2026 ».

Le Niger prévoit une sortie sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Il s’agira d’un emprunt dénommé « TPNE 6,50% 2019-2026 » qui porte sur 6.000.000 obligations de 10.000 francs CFA chacune. Conformément au tableau d’amortissement, les obligations rapporteront un intérêt annuel de 650 francs CFA et le premier coupon sera payé un an après la date de jouissance ou le premier jour ouvré suivant si ce jour n’est pas un jour ouvré. L’opération se déroulera du 25 février au 25 mars 2019.

D’après la note d’information relative à cette opération, le Niger bénéficiera de l’appui de BICI Bourse du groupe BNP Paribas. La note  a indique aussi que l’opération vise à mobiliser 60 milliards de francs CFA destinés à soutenir le Programme d’Investissement 2019 du pays.

Une croissance de 7 % en moyenne annuelle d’ici 2024

Pour amener les souscripteurs à s’intéresser à son emprunt obligataire, le Niger a dû présenter des arguments économiques. La note d’information indique que l’économie nigérienne a enregistré une croissance de 5,2% l’an dernier contre 4,9% enregistré un an plus tôt. Cette croissance a été imputée aux bonnes performances des secteurs primaire et tertiaire. Le pays s’attend à une croissance économique d’environ 7% en moyenne annuelle au cours des cinq prochaines années. Cette performance serait portée par les efforts de réforme structurelle du gouvernement nigérien ainsi que plusieurs grands projets d’investissement mis en place.

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Zimbabwe : un atelier de chaussures atypique

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Au Zimbabwe, nous découvrons une usine de fabrique de chaussures qui résiste à la fermeture en dépit de la crise économique actuelle.

C’est au milieu d’usines désaffectées à Bulawayo au Zimbabwe, que Courteney poursuit ses activités artisanales. L’entreprise de fabrique de chaussures emplois à plein temps 14 personnes toutes des hommes.

Ses atouts, une main d‘œuvre qualifiée et un savoir faire artisanal qui la démarque des autres entreprises. Ses produits, essentiellement destinés aux États-Unis, au Royaume-Uni et à l’Afrique du Sud, sont vendus coûtent de 140 à 500 dollars américains la paire.

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