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Crimes des nazis en Grèce : la repentance allemande à peu de frais

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L’Allemagne «assume complètement la responsabilité des crimes» commis par les nazis en Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale. «Nous sommes conscients de notre responsabilité historique. Nous savons aussi quelle souffrance nous avons infligée à la Grèce […] durant la période du national-socialisme», a admis vendredi Angela Merkel lors de sa première visite à Athènes depuis 2014, avant de s’entretenir avec le président de la République hellénique, Prokopis Pavlopoulos et le Premier ministre, Aléxis Tsípras. Une repentance pour tenter d’apaiser le climat tendu entre les deux pays au pic de la crise grecque (2010-2014), et qui persiste depuis : l’Allemagne reste associée dans l’esprit des Grecs aux politiques strictes de rigueur imposées au pays pour éviter le risque d’un défaut de paiement et une implosion de la zone euro.

Aussitôt élu en 2015, Aléxis Tsípras, le leader de la gauche radicale Syriza s’était rendu à Kaisariani où 200 résistants ont été exécutés en 1944. Une façon de rappeler à la chancelière l’histoire les traces indélébiles laissées par les nazis en Grèce, qui ont occupé ce bout d’Europe d’avril 1941 à octobre 1944 (et même jusqu’à l’armistice en 1945 pour certaines régions de Crète). Environ 800 villages furent entièrement décimés et 70 000 personnes assassinées. Privations, famines (on estime à 300 000 le nombre de personnes mortes uniquement de la faim : la Grèce perdit environ 8% de sa population. Hitler obligea aussi le pays à «participer à l’effort de guerre nazi» : 476 millions de reichsmarks furent empruntés à la Banque de Grèce, l’équivalent de 10 milliards d’euros, considérés comme un prêt forcé.

Le coût exorbitant de l’occupation est à la base d’un autre contentieux entre les deux pays : les réparations de guerre. Promises à la Grèce en janvier 1946 par les accords de Paris, elles devaient s’élever à 7 milliards de dollars. Sept ans plus tard, le traité de Londres «sur les dettes extérieures allemandes», estime à 41 milliards de dollars le montant des compensations. Mais elles ne seront jamais versées en totalité à la Grèce.

Berlin fait la sourde oreille

Le sujet revient au cœur de l’actualité en 2010 lorsque la Grèce frôle le défaut de paiement. Athènes évalue alors le poids actuel de la dette de l’Allemagne à la Grèce pour l’occupation nazie. Ces calculs intègrent la valeur de la dette en 1946, un demi-siècle d’inflation, et les intérêts. Ainsi, en 2014, un rapport de la comptabilité nationale grecque évalue le montant des réparations à 162 milliards d’euros. En 2016, après une année de travaux, une commission parlementaire réévalue à 270 milliards d’euros le total de cette dette.

Mais Berlin fait la sourde oreille face aux montants exhibés par Athènes. Même si la dette de la Grèce s’élève à 320 milliards d’euros, Aléxis Tsípras refuse de mettre le sujet des 270 milliards de réparations sur la table quand le gouvernement grec négocie à Bruxelles. En août 2016, Berlin oppose même un refus catégorique à Aléxis Tsípras qui affirme : «Pour la première fois, nous avons une stratégie nationale» pour soutenir la revendication du remboursement portée par Athènes.

«Caresser les Grecs dans le sens du poil»

Alors, Angela Merkel a-t-elle bien effectué un virage ce vendredi, soixante-six ans après les accords de Londres ? L’Allemagne remboursera-t-elle sa dette ? Journaliste à Kathimerini, née en Allemagne et spécialiste des relations gréco-allemandes, Xenia Kounalaki n’y croit pas : «Aléxis Tsípras ne fera rien qui risque de dégrader les relations entre la Grèce et l’Allemagne. Tout au plus, il réclamera le remboursement du prêt forcé [et pas de l’ensemble de la dette, ndlr] Idem pour le politologue Giorgos Sefertzis, selon lequel Angela Merkel a surtout voulu «caresser les Grecs dans le sens du poil. Elle a besoin de lui pour sa politique balkanique».

Le Premier ministre doit en effet faire ratifier l’accord sur le nom de la Macédoine, signé entre Athènes et Skopje le 17 juin. Il permet de rebaptiser l’ex-république yougoslave «République de Macédoine du Nord». Et Aléxis Tsípras est en difficulté pour faire passer ce texte, qui suscite une opposition farouche de la droite, Nouvelle Démocratie, membre du PPE à l’échelle européenne – comme la CDU d’Angela Merkel.

«Tsípras a une baby-sitter allemande»

Quant aux Grecs indépendants, le petit parti souverainiste allié de Syriza et mené par Panos Kammenos, actuel ministre de la Défense, ils ferraillent aussi contre ce texte. Si le gouvernement n’obtient pas de majorité lors de la ratification de l’accord au Parlement, des élections anticipées seraient déclenchées. «Angela Merkel tient à ce que cet accord passe avant les prochaines élections législatives en Grèce», poursuit Giorgos Sefertzis.

Reste à savoir si cette visite rendra réellement service à Aléxis Tsípras. Elle a suscité des remarques ironiques, comme celle d’Alekos Alavenos, ex-leader de Syriza, pour qui «Tsípras a une baby-sitter allemande». Reste qu’il est le premier à avoir pris à bras-le-corps la question de la Macédoine… et à être parvenu à un accord avec ce pays voisin.


Fabien Perrier correspondance à Athènes

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Etats-Unis : les sept noms sortis du bois pour les primaires démocrates

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Pour le moment, sept démocrates ont officiellement annoncé leur candidature pour l’investiture de leur parti aux primaires de l’année prochaine. Présentations.

A lire aussiPour les démocrates, retour à l’instant primaires

Elizabeth Warren, l’anti-Wall Street

La sénatrice Elizabeth Warren, à l'aéroport de Boston, lundi.

La sénatrice Elizabeth Warren, à l’aéroport de Boston, lundi. Photo Scott Eisen. Getty Images. AFP

«C’est comme ça que tout commence : de personne à personne, de ville en ville», a lancé Elizabeth Warren à ses supporteurs de Council Bluffs, dans l’Iowa, où elle a officiellement lancé sa campagne début janvier. La sénatrice du Massachusetts a été la première figure majeure à dégainer, à plus d’un an de la première primaire démocrate qui se tient traditionnellement dans cet Etat du Midwest.

Cette ancienne prof de droit à la prestigieuse université Harvard, ennemie jurée du président Trump, affirme qu’elle n’aurait jamais cru un jour briguer l’investiture suprême. Mais la présidence de ce «tyran en puissance», une «brute raciste à fleur de peau», l’a convaincue de se lancer dans la course, à 69 ans. Donald Trump le lui rend bien, qui l’affuble systématiquement du sobriquet de «Pocahontas» parce qu’elle a déclaré avoir du sang Cherokee. Espérant lui clouer le bec, elle a publié en octobre des tests ADN qui ne montraient que de très lointaines origines, s’attirant cette fois les critiques des Amérindiens.

«L’administration actuelle travaille pour les riches et ceux qui ont un bon réseau mais elle ne fait rien pour tous les autres, dénonce la native d’Oklahoma City. La classe moyenne est attaquée.» Avec des positions qui la situent sur l’aile gauche du Parti démocrate, et son discours de défense de la classe moyenne, Warren vient chasser sur les terres du sénateur du Vermont Bernie Sanders et celles de Donald Trump, qui avait fait de cet électorat la clé de son succès en 2016.

Cet engagement ne vient pas de nulle part. En 2007, un an avant la crise, la spécialiste du droit des faillites dénonçait dans un article, non sans prescience, le manque de régulation du système financier. Sous son impulsion, le Bureau américain de protection des consommateurs verra le jour quatre ans plus tard, et Warren sera embauchée comme conseillère par Barack Obama. Le président démocrate s’était alors réjoui d’accueillir dans son équipe «une fille de concierge». Ses origines modestes, son ascension sociale et ses critiques envers Wall Street lui donnent de l’envergure. En 2013, elle devient sénatrice du Massachusetts et la première femme à occuper ce poste. Certains l’auraient même bien vue candidate à la présidentielle dès 2016.

Si elle a réuni des foules enthousiastes dans l’Iowa, et malgré sa popularité auprès de l’électorat démocrate, elle devra jouer des coudes lors des primaires avec les jeunes figures émergentes ou les poids lourds potentiels, tels l’ancien vice-président Joe Biden ou Bernie Sanders, au programme politique proche du sien. Donald Trump, lui, répète avec une gourmandise moqueuse qu’il «adorerait l’affronter».

Kamala Harris, la néophyte

FILE PHOTO: Sen. Kamala Harris listens to Christine Blasey Ford's testimony during the Senate Judiciary Committee hearing on on Capitol Hill in Washington, DC, U.S., September 27, 2018.  Tom Williams/Pool via REUTERS/File Photo

Kamala Harris est connue pour son engagement féministe. Photo T. Williams. Reuters

Après Elizabeth Warren et Kirsten Gillibrand, Kamala Harris est la troisième sénatrice à se lancer dans la course à l’investiture démocrate. A 54 ans, elle est la moins expérimentée du trio, la seule à ne pas avoir siégé sous l’ère Obama. Elue le même jour que Trump, elle a vécu, ce 8 novembre 2016, une expérience douce-amère. Fière, à titre personnel, de devenir la première personnalité afro-américaine choisie pour représenter la Californie au Sénat. Mais estomaquée par la victoire surprise du magnat de l’immobilier et la défaite des démocrates.

Dès son discours de victoire, ce soir-là, Harris avait placé la résistance au cœur de son combat politique, mêlant espoir et gravité. «Nos idéaux sont en jeu. […] L’un des aspects de notre grandeur est que nous nous battons pour nos idéaux. Ce moment nous met au défi et je sais que nous serons à la hauteur», avait-elle lancé à ses partisans.

A la Chambre haute, elle siège à la puissante commission du renseignement, où les auditions publiques, sur la confirmation du juge Kavanaugh à la Cour suprême ou sur l’ingérence supposée de la Russie pendant la campagne de 2016, lui permettent de doper sa notoriété. Elle y cuisine les nommés de Trump, avec la ténacité et l’expérience acquises dans sa carrière de procureure, d’abord de San Francisco, puis de Californie. Son interrogatoire vigoureux de Jeff Sessions, alors ministre de la Justice, lui vaut en juin 2017 les critiques des républicains et les louanges des démocrates.

Née à Oakland d’un père jamaïcain, professeur d’économie, et d’une mère indienne, chercheuse spécialisée sur le cancer, Kamala Harris met en avant ses origines. Dans son dernier livre au titre bien-pensant (The Truths We Hold : An American Journey), sorti le 8 janvier, la sénatrice revient sur son enfance, sa carrière, son élection, sa quête de justice sociale. Le message se veut simple : fille d’immigrés, femme noire d’origine asiatique ayant réussi à percer en politique, ex-procureure aiguisée, elle estime avoir les armes pour affronter (et battre) Donald Trump en 2020.

Alors que le candidat démocrate final aura pour lourde tâche d’unifier centristes et progressistes, Kamala Harris compte des détracteurs à la gauche du parti, où on lui reproche pêle-mêle une évolution tardive sur certains sujets de société (la légalisation du cannabis ou la lutte contre l’incarcération de masse) ou ses liens avec des riches donateurs new-yorkais proches des Clinton. Pour renforcer son profil progressiste, elle a soutenu, dès l’été 2017, le projet de loi de Bernie Sanders sur l’assurance santé universelle. Mais avant d’espérer convaincre l’électorat sur le plan idéologique, la quinquagénaire, mariée depuis 2014 avec un avocat, va devoir combler un déficit de renommée. Dans l’enquête nationale réalisée en décembre par la Quinnipiac University, Kamala Harris récolte 20 % d’opinions favorables et 22 % d’opinions défavorables. 57 % des sondés disent ne pas la connaître suffisamment pour avoir un avis informé.

Kirsten Gillibrand, la New-Yorkaise

During a walking tour of the East Village, Sen. Kirsten Gillibrand of New York stops at Scenic Route bakery to talk to voters on Saturday, Jan. 19, 2019, in Des Moines, Iowa. (Brian Powers/The Des Moines Register via AP)

Kirsten Gillibrand, ex-avocate d’affaires. Photo Brian Powers. AP

Elle n’est ni la première femme ni la première élue du Sénat à rejoindre les rangs déjà fournis des candidats à l’investiture démocrate. La sénatrice de l’Etat de New York Kirsten Gillibrand, 52 ans, a annoncé le 15 janvier dans le Late Show de Stephen Colbert le lancement d’un comité exploratoire pour la campagne, première étape avant une candidature formelle. Interrogée sur ses priorités, Gillibrand a répondu qu’elle «rétablirait ce qui a été perdu : l’intégrité et la compassion de ce pays». Elle a également mis en avant l’accès à la santé, et la nécessité de combattre les «systèmes de pouvoir» à Washington et le «racisme institutionnel».

Gillibrand, dont la grand-mère était une figure du Parti démocrate dans l’Etat de New York, est connue pour son engagement en faveur des droits des femmes, levant des fonds pour les encourager à se lancer en politique ou luttant contre les violences sexuelles dans l’armée ou sur les campus américains. La sénatrice est également considérée comme l’une des plus vigoureuses opposantes à Donald Trump. Au Sénat, elle a voté contre la majorité des personnalités nommées par le Président, et s’est opposée systématiquement à son agenda législatif.

Mais Kirsten Gillibrand n’a pas toujours eu le visage de démocrate progressiste qu’elle montre aujourd’hui, rappellent ses détracteurs. A sa première élection à la Chambre dans une circonscription républicaine de l’Etat de New York, en 2006, cette ancienne avocate d’affaires (notamment pour Philip Morris) rejoint les démocrates centristes de la «Blue Dog Coalition», et adopte des positions conservatrices notamment sur l’immigration, la fiscalité et les armes à feu. Par la suite, elle n’a cessé de se déplacer vers la gauche. Surtout depuis son arrivée en 2009 au poste de sénatrice de New York, Etat solidement démocrate, pour remplacer Hillary Clinton, devenue secrétaire d’Etat.

Gillibrand considère cette dernière comme sa mentor en politique. Dès 1999, elle travaille pour sa campagne au Sénat, puis soutient activement sa candidature aux primaires démocrates pour la présidentielle de 2008. Sa proximité avec le couple Clinton ne l’a cependant pas empêchée de reconnaître publiquement, dans le sillage du mouvement #MeToo, que l’ancien président aurait dû démissionner après l’affaire Lewinsky.

Pour l’instant, les premiers sondages ne montrent que peu d’enthousiasme pour la sénatrice, qui souffre d’un déficit de notoriété dans le reste du pays. Mais sa candidature est prise au sérieux, entre autres grâce à ses grandes capacités à lever des fonds et son solide réseau de donateurs.

Julián Castro, le Latino

U.S. 2020 Democratic presidential candidate Julian Castro is introduced to speak to Tri-City Young Democrats in Somersworth, New Hampshire, U.S., January 15, 2019.   REUTERS/Brian Snyder     TPX IMAGES OF THE DAY

Julián Castro espère attirer l’électorat latino. Photo Bryan Snyder. Reuters

«Yo soy candidato para presidente de los Estados Unidos.» C’est en anglais mais aussi en espagnol que Julián Castro s’est déclaré candidat à la Maison Blanche, chez lui à San Antonio, au Texas, le 12 janvier. Ce petit-fils d’une immigrée mexicaine veut clairement faire de son profil latino un axe de campagne pour les primaires démocrates, n’hésitant pas à se présenter comme une sorte d’antithèse de Donald Trump : un descendant d’immigrés qui ne regrette pas le bon vieux temps. «Mon histoire, c’est une histoire d’immigration. Je veux porter l’idée que vous pouvez vivre votre rêve dans ce pays, que vous soyez latino ou quoi que ce soit d’autre.»

Sa grand-mère a traversé la frontière, celle-là même que Donald Trump veut aujourd’hui murer. Sa mère, Rosie Castro, a été une célèbre activiste du mouvement chicano dans les années 70. Son frère jumeau, Joaquín Castro, est élu à la Chambre des représentants des Etats-Unis depuis 2013. Quant à lui, il a été maire de San Antonio de 2009 à 2014 avant de devenir le ministre du Logement de Barack Obama. Une ascension express en deux générations qu’il aimerait voir se poursuivre.

Après s’être fait connaître à l’échelle nationale en prononçant un discours remarqué à la convention démocrate de 2012, il était pressenti pour être associé à Hillary Clinton à la présidentielle de 2016 (ce sera finalement Tim Kaine). Pour autant, il n’est pas un favori de ces primaires démocrates : il est là en outsider, et le reconnaît. Comme bien d’autres, il cherche probablement à se faire connaître davantage, visant un bon poste dans une éventuelle future administration démocrate. Ce qui ne l’empêche pas de dérouler un programme où l’on retrouve à la fois les marqueurs traditionnels du parti d’opposition et de l’anti-trumpisme : couverture santé universelle, protection des minorités face aux violences policières blanches, prise en compte de l’urgence climatique.

Mais aussi des thèmes qui font écho à ses fonctions passées : il souhaite ainsi faciliter l’accès au logement des Américains, secteur qu’il estime en crise. Quant à l’éducation, il veut élargir à l’ensemble du pays l’école maternelle à plein-temps, une mesure qu’il a mis en place quand il était maire de San Antonio, la septième ville plus peuplée des Etats-Unis avec 1,5 million d’habitants, dont environ deux sur trois sont hispaniques. Une communauté qui «se sent visée par Donald Trump», assure Castro, qui n’hésite pas à jouer cette carte. La conquête de plusieurs Etats devant voter au début des primaires démocrates pourrait se jouer sur cet électorat précis, notamment dans le Nevada, la Caroline du Sud, la Californie et le Texas.

Tulsi Gabbard, l’engagée

Rep. Tulsi Gabbard (D-Hawaii) poses for a portrait in Washington on Jan. 3, 2019. Just over 100 years ago, the first woman was sworn into Congress. Now a record 131 women are serving in the Legislature.  (Elizabeth D. Herman/The New York Times) *** Local Caption *** WOC2019 POLITICS GOVERNMENT SEX GENDER

Tulsi Gabbard a servi dans l’armée. Photo E.D. Herman. NYT. Redux. REA

A 37 ans, deux de plus que l’âge minimum pour briguer la Maison Blanche, Tulsi Gabbard s’annonce comme la benjamine de la campagne 2020. Une précocité à laquelle elle s’est habituée : en 2002, à 21 ans seulement, elle remporte un siège à la Chambre des représentants de Hawaï, devenant la plus jeune femme élue au Parlement d’un Etat américain. Dix ans plus tard, elle franchit un palier en étant élue à la Chambre des représentants à Washington, où elle représente depuis le deuxième district de l’archipel du Pacifique.

Entre-temps, Gabbard s’est engagée dans la garde nationale, quelques semaines après l’invasion américaine en Irak, au printemps 2003. Contre l’avis de ses conseillers, la jeune députée insiste pour être envoyée au Moyen-Orient. Elle renonce à briguer un second mandat et sert douze mois en Irak entre 2004 et 2005, au sein d’une unité médicale de combat. Quelques années plus tard, elle ira au Koweït comme conseillère militaire.

A Washington, son sens de l’engagement, son charisme et son jeune âge ne passent pas inaperçus. La patronne des démocrates, Nancy Pelosi, l’invite à prononcer un discours à la convention du parti de 2012 et la décrit comme une étoile montante. Certains voient déjà en cette Hawaïenne, fan de surf et d’arts martiaux, une future égérie démocrate, au profil idéal pour remplacer, à moyen terme, les figures vieillissantes – Hillary Clinton, Dianne Feinstein ou Nancy Pelosi.

Vice-présidente du Parti démocrate en 2013, sa carrière semble toute tracée, mais en 2015, la machine s’enraye quand Tulsi Gabbard critique ouvertement la stratégie de Barack Obama sur l’Iran, la guerre en Syrie et la lutte contre l’EI. Se décrivant elle-même comme un «faucon» en matière d’antiterrorisme, elle reproche au Président, comme les républicains, de refuser d’utiliser l’expression «islam radical». Ses nombreuses interventions télévisées, y compris sur la très conservatrice Fox News, irritent l’establishment démocrate. Tout comme son vote en faveur de restrictions supplémentaires à l’accueil de réfugiés syriens et irakiens.

Lors des primaires de 2016, elle soutient Bernie Sanders face à Hillary Clinton, confirmant son virage à gauche. Mais après la victoire de Donald Trump, elle suscite, à quelques semaines d’intervalle, une double controverse. Elle rencontre d’abord le président élu à la Trump Tower, puis Bachar al-Assad lors d’une visite secrète à Damas, au cours de laquelle elle apporte son soutien au dictateur syrien au nom de la lutte contre l’EI. A l’exception des drones et des opérations spéciales pour éliminer les terroristes, Tulsi Gabbard s’oppose fermement à l’ingérence américaine au Moyen-Orient.

Dans cette campagne pour 2020, Gabbard courtise les progressistes du parti, qui l’ont soutenue pour sa (facile) réélection en novembre. Opposée au mariage homosexuel et à l’avortement au début de sa carrière politique, ce qu’elle dit regretter, elle soutient aujourd’hui les droits des LGBT, un salaire minimum à 15 dollars, l’assurance santé universelle et le Green New Deal, un programme de relance économique visant à lutter à la fois contre les inégalités et le changement climatique. Son principal défi : réussir à se faire une place dans une primaire démocrate extrêmement chargée.

John Delaney, le riche inconnu

John Delaney s’est officiellement déclaré en juillet 2017. Photo Bloomberg. Getty

Officiellement candidat depuis juillet 2017, John Delaney est le premier démocrate à s’être lancé dans la course. Entré au Congrès en 2013, pour représenter le sixième district du Maryland à la Chambre, il l’a quitté début janvier, ayant décidé de ne pas briguer un quatrième mandat pour consacrer tout son temps à sa candidature. Aux yeux de certains, son entrée en campagne, six mois seulement après l’investiture de Donald Trump, a paru prématurée. Lui justifie son marathon par un manque, pour ne pas dire une absence totale, de notoriété : «Je ne suis pas particulièrement connu au niveau national, alors je dois agir comme un nageur de longue distance.»

Originaire du New Jersey, Delaney, 55 ans, se présente comme un pur produit du «rêve américain». Petit-fils d’immigrés venus d’Angleterre et d’Irlande, élevé dans un milieu modeste, il étudie à l’université Columbia de New York, grâce aux bourses scolaires du syndicat des électriciens, auquel son père appartenait. Il obtient ensuite un diplôme de droit à l’université de Georgetown, à Washington.

Après ses études, il entame une carrière d’entrepreneur et fonde en 1993 une première entreprise, HealthCare Financial Partners, qui octroie des prêts aux petites institutions de santé souvent ignorées par les grandes banques. En 2000, il cofonde une seconde société de prêts bancaires, CapitalSource, à destination cette fois des petites et moyennes entreprises. Après deux décennies dans le privé, il se lance avec succès en politique, facilement élu fin 2012 dans le Maryland. A son entrée à la Chambre des représentants, début 2013, il est le sixième élu le plus riche de l’assemblée, avec une fortune estimée à 93 millions de dollars, fruit de la revente de ses deux entreprises.

Alors que les démocrates se déchirent, depuis les primaires de 2016, entre centristes et progressistes, John Delaney, lui, se revendique inclassable, une sorte de «modéré orienté vers la recherche de solutions et qui veut obtenir des résultats». Il axe sa campagne sur quatre piliers : unité politique, prospérité économique, sécurité et justice sociale par l’égalité des chances. Il ambitionne de rallier les deux camps en chassant sur les terres républicaines pour récupérer les déçus de la présidence Trump. Il espère aussi mettre un terme au clivage partisan.

Dans le détail, le programme de John Delaney s’inscrit toutefois clairement sur la gauche du Parti démocrate : réforme du système de financement des campagnes, contrôle accru des armes, instauration d’une couverture médicale universelle, augmentation à 15 dollars du salaire minimum, plan public de 500 milliards de dollars dans le logement social, etc. Son ambition : offrir à tous une chance de vivre le fameux American Dream.

Richard Ojeda, le soldat repenti

UNITED STATES - July 5: Richard Ojeda speaks with Roll Call inside Hot Cup, a local coffee shop in Logan, West Virginia Thursday July 5, 2018. Ojeda is a first-term lawmaker from southern West Virginia running to represent the states 3rd Congressional District as a Democrat. Ojeda is best known as the Democrat who voted for President Trump and who was brutally beaten in an ambush the day before the primaries.

Richard Ojeda entend ramener la classe ouvrière dans le giron démocrate. Photo Sarah Silbiger. Getty

Gros bras tatoués et coupe militaire, Richard Ojeda est un ancien major de l’armée américaine, décoré, qui a servi en Irak et Afghanistan. «J’ai passé vingt-quatre années de ma vie à me battre pour mon pays. A mon retour, j’ai réalisé que personne ne s’était battu pour les familles de la classe ouvrière», écrit-il sur son profil Twitter. Un langage franc, sans filtre, parfois brut de décoffrage, qui le caractérise. Et qui rappelle un peu Donald Trump, pour qui le démocrate reconnaît d’ailleurs avoir voté en 2016.

Ce choix, Ojeda le regrette aujourd’hui, mais le justifie : «Je voyais les gens souffrir autour de moi. En Virginie-Occidentale, travailler dans une mine de charbon est la seule opportunité. Et Trump a dit qu’il allait remettre les mineurs au travail. […] Les démocrates ne nous ont pas offert une candidate aux côtés de la classe ouvrière.» En 2020, Ojeda compte bien ramener dans le giron démocrate ceux qui ont voté Trump en 2016.

Agé de 48 ans, ce petit-fils d’immigrés mexicains s’inscrit dans l’aile gauche d’un parti qu’il estime «devenu plus qu’élitiste». Son discours lui vaut d’être dépeint par les médias américains comme un «démocrate populiste». Elu au Sénat de Virginie-Occidentale en 2016, après un passage par l’enseignement, il s’est fait connaître dans tout le pays pour son implication dans les mouvements de grève des professeurs qui ont secoué l’Etat en 2018. Ce combat a débouché sur une hausse de salaire de 5 % pour les employés du service public de Virginie-Occidentale.

En 2017, il décide de briguer un siège à l’échelon national. Candidat à la Chambre des représentants, il réalise un score largement supérieur aux attentes dans un district traditionnellement acquis au Grand Old Party, mais s’incline malgré tout. Si les contours de son programme sont encore flous, Ojeda semble piocher ses idées aussi bien chez les démocrates que chez les républicains.

Partisan d’une assurance santé publique pour tous, l’ancien militaire se pose en défenseur des pauvres, des personnes âgés et, bien évidemment, des vétérans. Il milite également pour l’usage médical du cannabis, qu’il a largement contribué à rendre légal dans son Etat. S’il est favorable à l’avortement, il est aussi en faveur des armes à feu. A l’entendre, il dispose de deux avantages sur ses concurrents : il n’est ni millionnaire ni politicien.


Isabelle Hanne Correspondante à New York


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Frédéric Autran


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Jules Vincent

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Etats-Unis : pour les démocrates, retour à l’instant primaires

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La course à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2020 promet d’être l’une des plus ouvertes depuis vingt-cinq ans. Des plus compétitives aussi : de nouveaux candidats viennent encombrer le ring chaque semaine ou presque, à plus d’un an des premières primaires, prévues le 3 février 2020 dans l’Iowa. Et des plus longues : à la même époque, il y a quatre ans, aucun républicain ou démocrate n’avait encore déclaré sa candidature. Pour tenter de reprendre la Maison Blanche à Donald Trump, sept démocrates sont déjà sur les rangs. Parmi eux, à l’exception notable d’Elizabeth Warren, peu de figures d’envergure nationale. Le premier défi, commun à tous, sera donc de combler un fort déficit de notoriété au-delà de leur fief.

Fracture

Ces sept prétendants officiellement en course forment un aréopage divers et majoritairement féminin, ce qui donne déjà à ces primaires une dimension historique. La seule fois où plus d’une femme avait brigué l’investiture démocrate, c’était en 1972. Pour 2020, quatre sont déjà sur la ligne de départ, dans le sillage du record de candidates au Congrès établi en novembre lors des élections de mi-mandat : Elizabeth Warren, Kirsten Gillibrand, Kamala Harris, trois sénatrices progressistes, et Tulsi Gabbard, 37 ans, représentante d’Hawaï à la Chambre et benjamine de la course.

Malgré ce fort contingent féminin, ce sont trois hommes qui, à en croire le dernier baromètre publié par CNN en décembre, arrivent en tête des pronostics. Aucun n’est pour l’heure officiellement candidat. Favori avec 33 % des intentions de vote, l’ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, originaire du swing state de Pennsylvanie, demeure très populaire auprès des cols bleus, électorat clé de Donald Trump en 2016. Vient ensuite le sénateur du Vermont Bernie Sanders (14 %), battu par Hillary Clinton lors de primaires démocrates controversées en 2016, et toujours très apprécié de l’aile gauche du parti. A eux seuls, les deux septuagénaires incarnent la fracture idéologique qui promet d’être au cœur de la bataille des primaires, entre démocrates centristes et «progressistes».

Enfin, la sensation démocrate des midterms de novembre, Beto O’Rourke, complète le supposé trio de tête, avec 9 % d’intentions de vote. Grâce à une campagne de terrain largement inspirée de Bernie Sanders, l’ancien élu à la Chambre avait échoué de peu à détrôner le sénateur républicain du Texas, l’emblématique et très conservateur Ted Cruz. A 46 ans seulement, O’Rourke, quasiment inconnu du grand public il y a encore un an, se rêve désormais un destin à la Obama.

Débats

Tous les démocrates désireux de défier Donald Trump – ils pourraient être une douzaine, voire une quinzaine – devraient officialiser leur candidature d’ici le début du printemps. Pourquoi si tôt, à plus de dix-huit mois de l’élection présidentielle, qui aura lieu le 3 novembre 2020 ? Cela tient notamment à la géographie et au système politique américains, qui obligent les prétendants, parfois méconnus, à sillonner un pays aussi vaste que le continent européen. Entrer en campagne très tôt permet aussi de commencer à lever des fonds, indispensables pour constituer des équipes fournies et financer des publicités dans les Etats-clés, en amont des primaires.

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En outre, pour ceux qui n’ont aucune chance de remporter l’investiture du parti pour 2020 – car trop jeunes, peu connus ou inexpérimentés -, une campagne à rallonge constitue un investissement d’avenir. Elle permet de se faire connaître davantage afin d’obtenir un poste intéressant dans une future administration, voire la vice-présidence du candidat démocrate désigné.

Pour doper leur notoriété, tous les candidats tâcheront de s’illustrer lors des multiples débats télévisés. Dévoilé en décembre par la direction du parti, le planning s’annonce en effet pléthorique : six débats en 2019, six autres en 2020. La garantie d’une campagne indigeste et hors du commun, à l’image du président actuel que tous rêvent de déloger de la Maison Blanche. Jamais aussi à l’aise qu’en meeting, où il se nourrit de l’adoration de ses fans, et devant les caméras, Donald Trump, lui, attend avec impatience que ses rivaux entrent dans le vif de la campagne. Pour pouvoir les attaquer et se mesurer à eux. Comme en 2016, tous les coups et mensonges seront permis. Mais cette fois, les démocrates sont prévenus.


Isabelle Hanne Correspondante à New York


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Frédéric Autran

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Iran : «Si l’eau ne revient pas, j’irai m’immoler devant chez Khamenei»

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Cent jours. Cela fait cent jours qu’Ali, 75 ans, a cessé de travailler. Avec d’autres paysans, il a installé une grande tente pour protester, au bord de la route qui relie son village de Zardanjan à Ispahan, la troisième ville d’Iran. A perte de vue, la terre est jaune, craquelée, et les arbres dénudés. Ce matin de janvier, ils sont cinq à se réchauffer autour d’un tronc de pommier qui se consume et chauffe une théière en métal, dernier usage qu’ils ont trouvé à cet arbre qui ne porte plus de fruits depuis des années. «Les mollahs au pouvoir ont décidé de nous retirer l’eau pour la donner à d’autres villes», déplore Ali. Autour d’Ispahan, plus de huit fermes sur dix auraient été abandonnées, faute d’irrigation suffisante.

Le visage serré dans un keffieh rouge et sillonné par une vie à travailler la terre, il tient à nous montrer ses mains, d’imposantes pognes dures comme de la corne. «Regardez, j’ai travaillé toute ma vie sur mon champ de blé. Je gagnais 2 millions de tomans par mois [environ 156 euros, ndlr]. Aujourd’hui j’ai tout perdu.» Autour du foyer, la conversation s’anime. Ali le jure : «Si l’eau ne revient pas, j’irai m’immoler devant la résidence de Khamenei [le Guide suprême qui dirige le pays]

Sur le bord de la route, un écriteau affiche leur douleur aux voitures qui les ignorent. «Nous sommes un million de paysans à Ispahan. Le gouvernement doit agir avant qu’il ne soit trop tard.» Le piquet est accompagné d’une citation du prophète Mahomet : «Dans ton royaume, fais en sorte que les paysans ne soient pas opprimés.»

Pistaches

Dans un pays où la contestation est risquée, l’audace de ces fermiers est à la mesure de leur détresse. Depuis l’année dernière, les paysans de la province d’Ispahan se soulèvent contre la sécheresse qui tue leurs récoltes. 2018 fut l’année la plus aride en Iran depuis quarante-sept ans, selon le ministre de l’Energie, avec un taux de précipitation ne représentant qu’un tiers de la moyenne mondiale. Une désertification accélérée par le détournement des canaux d’irrigation au profit de Yazd, capitale de la province aride voisine. Mi-novembre, des fermiers ont même saboté les conduites d’eau qui approvisionnent Yazd. Une opération violemment réprimée par la police.

La fronde paysanne a pris un tour politique le 5 décembre : 18 députés de la province d’Ispahan ont démissionné du Parlement pour protester contre l’annulation du budget 2019 d’un projet d’acheminement d’eau. Le président Rohani avait pourtant promis de ressusciter le Zayandeh-rud, le «fleuve fertile» qui a fait la prospérité de la région, aujourd’hui à sec. Leur lettre de démission était sans équivoque : «Si on ne peut même pas garantir l’accès à l’eau potable pour des millions de personnes, notre présence au Parlement n’a plus de raison d’être.»

Cet acte de défiance, sans précédent au parlement de la République islamique, a reçu le soutien de l’ayatollah d’Ispahan, Yousef Tabatabai-Nejad. Dans son prêche du 21 décembre, il déclarait : «Si le gouvernement veut percevoir l’impôt des Ispahanais, il doit le dépenser pour nous.» En 2016, le clerc avait dénoncé un autre bouc émissaire, en claironnant que l’assèchement était une punition divine causée par les femmes qui faisaient des selfies au bord du fleuve.

Sur les berges du Zayandeh-rud, la splendeur de la capitale safavide a cédé la place à un spectacle de désolation. Le fleuve a tout bonnement disparu. Le pont Khaju, emblème de la ville construit en 1650, est devenu le symbole criant de cet assèchement : chaque soir sous ses arches, Hassan, 60 ans, se retrouve avec d’autres habitants de sa génération pour chanter sa nostalgie d’une époque où l’eau coulait encore. Une tradition née de l’acoustique exceptionnelle offerte par la structure du viaduc. «Ce pont était un des plus beaux endroits de mon pays», se désole Hassan, dans un fort accent ispahanais. «Les gens s’allongeaient au bord de l’eau, pique-niquaient. Maintenant c’est fini.» Le retraité a vu le climat changer : «Regardez, on est en plein hiver et il ne neige même plus…»

Aciérie

«C’est une aberration d’avoir capté l’eau d’Ispahan pour la transporter à Yazd, une région très désertique», estime un chercheur occidental. Les effets du réchauffement climatique et de la pression démographique ont été aggravés par des décisions politiques qui auraient été prises en dépit du bon sens : le président Rafsandjani (1989-1997) aurait détourné la rivière pour approvisionner l’industrie de Yazd et, au passage, irriguer ses champs de pistaches, dont il était l’un des plus gros exportateurs ; une politique continuée par Mohammad Khatami (1997-2005), né dans la région de Yazd, qui aurait favorisé sa ville d’origine. Mais les experts s’accordent pour pointer du doigt la présidence de Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013), qui aurait laissé proliférer les puits illégaux et autorisé les paysans d’autres régions à puiser allègrement dans le Zayandeh-rud pour irriguer leurs champs.

«On est entrés dans une situation de stress hydrique très dangereuse, explique le même universitaire. Au-delà de 40 % d’utilisation de l’eau, on menace la capacité d’approvisionnement à long terme. A Ispahan, on atteint 80 %. C’est une des régions du monde où ce taux est le plus élevé.» Et le peu d’eau dont dispose encore la région est pompé par l’usine de Saba, une gigantesque aciérie en périphérie d’Ispahan, qui emploie près de 15 000 personnes et dont les volutes de fumée blanche sont visibles à des kilomètres à la ronde.

La jacquerie paysanne qui agite Ispahan est surtout un cas d’école des conflits autour de l’eau qui pourraient déstabiliser la région dans les prochaines années. «Il y a de très fortes chances que ce type de conflits se multiplient, analyse le chercheur. L’eau devient un enjeu géopolitique entre les régions d’amont et les régions d’aval.»


Paul Gasnier Correspondance à Téhéran

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