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Santé

Jeûner pour maigrir : une tendance qui ne fait pas l’unanimité

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Un texte de Davide Gentile

Ses compagnons cyclistes constatent qu’elle a perdu beaucoup de poids depuis quelques mois. « Il y a un changement physique incroyable », affirme une partenaire d’entraînement.

Le jeûne intermittent est une panacée pour certains et est inutile pour d’autres. Chose certaine, il gagne en popularité. Nathalie Laforest est devenue une adepte après avoir reçu un avertissement de sa médecin, en 2017. Elle pesait alors un peu plus de 250 livres. « Elle me dit : « T’as essayé pas mal toutes les diètes, il te reste la chirurgie bariatrique ». Ça a été un choc », raconte-t-elle.

En désespoir de cause, elle décide de sauter certains repas. « Les premiers jeûnes intermittents, c’est vraiment difficile », se remémore-t-elle en compagnie de sa conjointe Nathalie Roy, qui a elle aussi adopté la technique du jeûne pour maigrir.

Chaque matin, elles ne consomment qu’un café et y ajoutent un peu de beurre et de la crème. Quelques jours par semaine, le jeûne se prolonge jusqu’au souper.

En date du 17 décembre dernier, Mme Laforest estimait avoir perdu 85 livres, et ce, depuis janvier 2018. Ses bilans sanguins se sont aussi améliorés. « Je pense que mes prochains résultats vont être parfaits », dit-elle alors.

Une semaine plus tard, chez sa médecin, les résultats semblent concluants. « Si je ne savais pas ton âge, je te dirais que c’est le bilan sanguin d’une femme de 25 ans ! » lui lance la Dre Èvelyne Bourdua-Roy, visiblement ravie du bilan sanguin de sa patiente. Sa glycémie est redevenue normale et sa pression artérielle est plus basse. Sans parler de sa perte de poids, qui se poursuit. « Tu étais à 254 livres, et là, tu es descendue à 163,8 livres. Félicitations ! » dit la médecin, visiblement ravie des résultats.

La Dre Bourdua-Roy, qui propose le jeûne intermittent et une alimentation faible en glucides à plusieurs patients, observe des résultats positifs chez plusieurs d’entre eux.

Il y a une amélioration progressive du taux de sucre dans le sang. On voit aussi souvent le cholestérol s’améliorer et la pression artérielle baisser.

La Dre Évelyne Bourdua-Roy

Martin Juneau, cardiologue et directeur de la prévention à l’Institut de cardiologie de Montréal, prône aussi le jeûne intermittent pour ses patients qui souffrent d’embonpoint persistant. « L’effet est significatif pour l’hypertension, pour combattre le diabète de type 2 et le mauvais cholestérol », dit-il.

L’Ordre des diététistes sceptique

Les nutritionnistes, eux, sont nettement plus sceptiques face à cette tendance.

« Même mon mécanicien me parle de son jeûne intermittent », lance Paule Bernier, présidente de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec. Selon elle, une simple diète de restriction calorique est aussi efficace que le jeûne intermittent.

La grande question est de savoir si on peut avoir ce mode de vie à long terme. Et la réponse est probablement non.

Paule Bernier, présidente de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec

Mais le jeûne intermittent serait différent des autres diètes, parce qu’il provoquerait une accélération du métabolisme, croit le cardiologue Juneau. « L’autre avantage, c’est que c’est simple. On n’a pas à mesurer quoi que ce soit », insiste-t-il. Le Dr Juneau affirme qu’après quelques jeûnes, la sensation de faim disparaît. Une opinion que partage la Dre Bourdua-Roy : « On boit de l’eau ou du bouillon de poulet et la faim ne se fait pas sentir. »

Les diététistes estiment qu’il n’existe pas assez d’études sur le jeûne pour le proposer. « On a peu d’études chez les humains. La majorité des données que l’on a sont chez les rongeurs », explique Paule Bernier.

Martin Juneau parle de son côté de centaines d’études crédibles. Il ajoute toutefois que d’autres études sont nécessaires pour mieux jauger les avantages thérapeutiques du jeûne intermittent. Le secteur privé a peu intérêt à financer ce type d’études, croit-il, faute de perspectives de profits : « Il n’y a pas un médicament payant au bout de l’étude. Ça prend une étude financée par le gouvernement. Or, les fonds pour la recherche sont très limités. »

Quoi qu’il en soit, Nathalie Laforest va poursuivre ses jeûnes intermittents. Elle fêtera son 50e anniversaire en février et veut s’offrir une participation au grand défi Pierre Lavoie, en juin prochain. « C’est mon Everest, le plus grand défi de ma vie », conclut-elle.

Tous les professionnels de la santé consultés dans la préparation de ce reportage incitent toute personne qui veut entreprendre une forme de jeûne à faire preuve de prudence. « Les personnes qui prennent des médicaments doivent vraiment consulter les professionnels avant de commencer un jeûne » indique Paule Bernier, présidente de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ).

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Santé

Le vaccin contre l’influenza plus efficace cette année

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En dépit de l’activité grippale qui bat son plein au pays, le virus semble moins virulent cette année que l’année dernière en raison notamment d’un vaccin particulièrement efficace.

7 personnes sur 10 sont vraiment très protégées, c’est un avantage.

Richard Fachehoun, médecin au CISSS de la Côte-Nord

Le deuxième élément qui explique cette efficacité du vaccin, c’est que le type d’influenza qui circule est couvert par le vaccin, explique Richard Fachehoun, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive au CISSS de la Côte-Nord. Il s’agit de surcroît d’un type d’influenza qui n’est pas considéré donner des éclosions dans les milieux de vie.

Une campagne de vaccination plus ciblée

Un autre facteur peut avoir un effet sur le nombre d’hospitalisations en lien avec la grippe.

Cette année, le ministère de la Santé, à la suite des recommandations de l’Institut national de recherche scientifique, a mis l’accent sur la vaccination de groupes particuliers.

La campagne de vaccination vise principalement :

  • les enfants de 6 à 17 mois qui ont des maladies chroniques;
  • les femmes enceintes aux 2e et 3e trimestres;
  • les adultes souffrant de maladie chronique;
  • les personnes âgées de plus de 75 ans.

Bien que la campagne de vaccination ne vise plus les personnes de 60 à 74 ans et les bébés de 6 à 23 mois, comme c’était le cas l’an passé, le ministère de la Santé continue tout de même à offrir gratuitement le vaccin à ce segment de la population.

Trop tôt pour un bilan

Selon le rapport hebdomadaire de l’Agence de la santé publique du Canada, la grippe a causé 56 décès au pays en date du 19 février. De ce nombre, moins de dix décès ont eu lieu chez des enfants.

Il est encore trop tôt cependant pour faire le bilan de l’activité grippale au pays étant donné que la saison n’est pas encore terminée.

Avec les informations d’Isabelle Damphousse

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Santé

Le CISSS de Chaudière-Appalaches, une « Entreprise en santé Élite »

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Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, la direction de l’établissement a mis en place des mesures pour offrir un meilleur milieu de travail afin d’attirer les travailleurs et, surtout, de les retenir.

Le CISSS a consulté ses employés pour améliorer ses pratiques de gestion, favoriser de saines habitudes de vie et améliorer l’environnement de travail.

« Dans le contexte actuel du marché de l’emploi, à titre de plus grand employeur de Chaudière-Appalaches, il est important que notre personnel soit en bonne santé physique et psychologique afin qu’à son tour, il puisse être pleinement disponible à prendre soin de la santé et du bien-être des citoyens de la région », commente la direction du CISSS de Chaudière-Appalaches

Il s’agit du premier CISSS ou CIUSSS au Québec à recevoir cette certification décernée par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ).

La certification est en vigueur pour une durée de trois ans.

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Santé

Trop de temps devant les écrans nuit au développement des enfants, selon une étude

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Selon l’étude publiée dans la revue médicale JAMA Pediatrics, une durée excessive passée devant les écrans explique pourquoi un enfant sur quatre au Canada commence ses années scolaires avec un déficit.

Notre étude montre que les enfants d’âge préscolaire qui passent trop de temps devant un écran […] font partie de ceux qui présentent des retards et des déficits d’apprentissage à leur entrée à l’école à l’âge de 5 ans

Sheri Madigan, chercheuse et professeure Université de Calgary

Les auteurs de l’étude mentionnent qu’il ne faut pas passer trop de temps devant la télévision, mais aussi devant tout autre appareil connecté à Internet, les jeux vidéo ou les autres supports numériques comme les tablettes ou les téléphones cellulaires.

2500 foyers sondés

Selon la chercheuse et professeure de l’Université de Calgary Sheri Madigan, l’étude a examiné la combinaison entre le temps passé devant un écran et le développement à la petite enfance dans 2500 foyers albertains entre 2011 et 2016. Les familles devaient indiquer le nombre d’heures passées devant des écrans par les enfants.

Les chercheurs ont déterminé que les enfants avaient passé en moyenne 2,4 heures par jour devant un écran à l’âge de 2 ans, 3,6 heures par jour à l’âge de 3 ans et 1,6 heure par jour à l’âge de 5 ans.

Un père tient une tablette électronique et la montre à sa fille. Trop de temps d’écran nuit au développement des enfants. Photo : iStock

Ces durées dépassent les recommandations de la Société canadienne de pédiatrie, qui suggère de limiter le temps d’écran à une heure par jour pour les enfants de 2 à 5 ans et conseille de privilégier les programmes de haute qualité axés sur l’apprentissage et le développement.

Selon l’étude, les enfants passant trop de temps devant un écran ne parviennent pas à atteindre les cibles de développement de langage et de communication, de résolution de problèmes et de motricité.

« Ce qui distingue notre étude de celles réalisées précédemment sur le sujet est que nous avons examiné l’impact à long terme du temps passé devant un écran, comment le temps passé devant un écran à l’âge de 2 ans a un effet sur le développement à 5 ans », explique Sheri Madigan, qui est aussi la titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les déterminants du développement des enfants.

Nos résultats montrent qu’une des raisons possibles des disparités en matière d’apprentissage et de comportement à l’entrée à l’école est que certains enfants sont trop souvent devant leur écran pendant leur petite enfance.

Sheri Madigan, chercheuse et coauteure de l’étude

Elle ajoute que les enfants ne font plus assez d’activité physique en raison de toutes les heures qu’ils passent devant des tablettes ou la télévision et qu’ils ne développent pas les habiletés motrices nécessaires pour courir, faire du vélo ou jouer au ballon. Les interactions primordiales avec les parents sont aussi réduites, selon l’étude.

« Lorsqu’ils sont devant des écrans, ces interactions entre parents et enfants ne se produisent pas, ce qui peut retarder ou empêcher le développement des enfants », précise Sheri Madigan.

Deux fillettes rient et jouent avec une tablette.Deux fillettes jouent avec une tablette. Photo : iStock / maximkabb

Une solution facile

La coauteure de l’étude, Suzanne Tough, qui est professeure dans les départements de pédiatrie et de sciences de la santé communautaire à l’Université de Calgary, dit qu’il est facile pour les parents d’asseoir les enfants devant la télévision.

« La plupart des familles vivent dans une maison avec un appareil connecté à Internet et avec de nombreux écrans », explique-t-elle.

Notre génération est de plus en plus pressée et occupée. L’accès facile à des écrans représente une solution perçue comme étant inoffensive pour occuper les enfants.

Suzanne Tough, professeure et coauteure de l’étude

Sheri Madigan et Suzanne Tough souhaitent que les parents prennent conscience de l’impact du temps passé devant des écrans et imposent à leurs enfants une durée maximale devant les écrans.

Elles proposent aussi de créer des zones sans écrans, dans la cuisine par exemple, pour pouvoir faire des repas en famille.

Quant aux parents qui savent que leurs jeunes enfants passent ou ont passé trop de temps devant un écran, Sheri Madigan souligne qu’il est toujours temps pour eux de s’adapter.

« Les cerveaux des enfants se développent durant l’enfance, mais également après. Alors il est encore temps d’apporter des changements », conclut-elle.

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