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Arts et Spectacles

Rohff : «L’amitié est une ceinture de boxe, quand tu l’as, il faut toujours la défendre»

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Au départ, Rohff nous avait proposé une écoute de Surnaturel. Sans cadre particulier : l’idée était de grimper dans une voiture, quelques jours avant la sortie de son double album mi-décembre. Et de voir ce qu’on en tire. A notre guise. L’artiste en est à son neuvième opus : on parle de l’un des plus grands rappeurs français de l’histoire, à classer autant parmi les hyperproductifs que les succès de tiroirs-caisses. Et puis, il y a donc eu un rendez-vous le 24, la nuit du réveillon. Trois tours du périphérique parisien. Demi-hasard : dans ses titres, il racontait souvent emprunter le périph de nuit. Pour cogiter. Nous au volant, lui sur le siège passager. Il a fallu l’interrompre entre deux portes au nord de la capitale. Sinon, il y aurait pu en avoir quatre, cinq ou six – qui sait ? On a discuté. De tout. Même quand il a fallu s’arrêter mettre de l’essence. Quand il est descendu de là, il a quand même posé la question : «Mais vous comptez faire quoi de tout ça ?»

Housni Mkouboi, 41 ans, pourrait bien obtenir une équivalence : sociologue des quartiers populaires, à commencer par celui où il a grandi, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Tout pourrait lui être reproché, hormis la sensibilité qu’il a mise en dépeignant les halls d’immeuble, leurs paradoxes et leurs tourments – le Comorien est sans doute celui qui s’est approché le plus près, dans le genre, de l’âme des grands ensembles. Dès le Code de l’honneur, son tout premier album en 1999, il a bousculé la routine. Des titres de huit minutes – l’une de ses marques de fabrique – où il parle de mort, d’amour, d’échec, de trafic avec une morale à la fin. D’un côté le bien et de l’autre mal, en maudissant la passerelle qui relie les deux et les fois où il l’emprunte. Il est encore cité en référence par deux générations, qui le regardent comme un druide. La suite déborde du rap. En 2007, il est incarcéré quelques mois, pour détention d’arme, après une altercation avec son frère. En 2014, il retourne en prison après avoir saccagé la boutique de Booba – son rival avec qui il était en conflit – et plongé, avec ceux qui l’accompagnaient, un vendeur dans le coma. Il dit, souvent : «Je suis transparent, j’assume tout.» Même ses erreurs. La scène est filmée, l’affaire médiatique. Entre le huitième et le neuvième album, trois ans et demi se sont écoulés. Il raconte une attente, une impatience et des aventures virtuelles, à lire ce que des journalistes, des quidams et des chroniqueurs racontaient de lui sur les réseaux sociaux. «Facebook, Twitter… c’est la démocratie. Mais je crois que c’est plutôt les mauvais côtés de la liberté d’expression.»

Sur ce neuvième effort, «le vétéran» (sic), qui s’est toujours présenté en majesté du rap français, est concurrencé sur son terrain avec des règles qui ont changé. Plus gangsta, plus afro, plus cru. Il acquiesce : «Je ne chercherai jamais la punchline bête et méchante. A mon époque, l’afrobeat passait sur Tropiques FM. Aujourd’hui, c’est classé en rap. Les gens mélangent tout.» Sur le périphérique, Rohff a digressé mille fois. Sur ses fils, la taule, l’argent, son père.

L’album Surnaturel fut annoncé un temps comme votre dernier. Au final, non. Qu’est-ce qui a changé ?

J’ai traversé une période compliquée. Des affaires judiciaires, des déboires personnels. Et je me suis dit que c’était à cause du rap et de ses effets. Pendant ces trois ans et demi d’absence, j’ai cherché la paix. Avec mes enfants, surtout, pendant que des détracteurs pariaient sur mon échec en cas de retour – «Rohff est fini», «Rohff vendra 5 000 disques au plus.» Je n’avais plus vraiment la flamme pour la musique. Mais j’ai reçu plein de messages de mon public. Sur les forums, sur les réseaux sociaux, dans la rue. J’entendais «Rohff, c’est pour quand l’album ?» Certains messages étaient très forts : tu n’es pas là, mais des gens t’attendent en te disant exactement pourquoi. Cet amour-là m’a regonflé. Et j’ai encore d’autres sons dans la machine.

Est-ce qu’on peut trouver la paix en restant dans le rap ?

Je n’ai pas changé d’avis : le rap est responsable de beaucoup de déceptions. Les coulisses de cette musique… (silence) Certains artistes tueraient pour un like sur Facebook ou Twitter. La concurrence pourrit les relations dans ce milieu. Une bonne partie des gens que j’ai connus grâce au rap, je les ai perdus à cause de lui. Parfois, j’ai été naïf… Certains «amis du rap» se sont alliés avec mes ennemis pour me faire de l’ombre. Ça, tu t’en rends compte quand des portes se ferment. Quand des collaborations, des concerts ne se font pas… parce que des personnes ont tout fait pour t’isoler au moment où ils t’ont cru faible. Ils m’ont fait passer pour un sauvage. Un gars ingérable. Ceux qui me côtoient savent : j’ai toujours mis le respect au-dessus de tout.

La concurrence, même malsaine, fait partie du jeu, non ?

Oui, mais dans les règles de l’art. Certains font de la musique pour ressentir une sensation de pouvoir. Après, ça dépend pourquoi et comment tu es entré dans le rap. Moi, j’y suis arrivé en rigolant, sans m’imaginer faire carrière. Quand j’ai vu que ça pouvait devenir sérieux, je me suis transcendé. Depuis toujours, il faut que je me prouve à moi-même que je peux être le meilleur. Ça, c’est de famille. Ma mère, par exemple, a voulu passer un diplôme d’anglais : elle l’a eu haut la main. Si je n’avais pas réussi dans le rap, je l’aurais fait ailleurs. Aucun doute. La plupart des amis qu’il me reste ne viennent pas du rap et au fond, c’est logique : on ne se dérange pas, on ne peut pas se faire de l’ombre, on ne vole pas dans le même ciel.

La trahison, la loyauté, les sentiments… c’est omniprésent chez vous. Ça vous obsède ?

On dit dans la rue que les vrais amis sont là pour les mariages et les enterrements. La prison, c’est une forme d’enterrement. Ça rend un homme malheureux. Celui qui ne m’a pas appelé le jour de ma condamnation n’est pas mon ami. Pas la peine de chercher plus loin. L’amitié est une ceinture de boxe : quand tu la gagnes, il faut sans cesse la défendre. Un ami doit être loyal, comme moi je le suis. Après, je ne le pousserai jamais dans ses retranchements. S’il y a des choses qu’il ne peut pas faire, je respecte. Car tous les hommes ne sont pas faits pareils. Je peux le dire sans honte : j’ai été blessé, profondément, chaque fois que j’ai perdu un ami. Ce n’est pas évident. Mais on en revient à la logique : le succès fausse tout.

Le succès commence réellement pour vous avec le tube Qui est l’exemple ? en 2001, qu’est-ce qu’il a faussé du coup ?

Ce titre ne devait pas forcément être sur l’album mais il me fait passer du froid au chaud en un instant. J’avais déjà le succès d’estime dans la rue mais là c’était autre chose. Il m’a propulsé très haut, je n’ai pas eu le temps de comprendre. A cette époque, je ne savais même pas parler. J’étais en «wesh, wesh» aigus, avec mon blouson en cuir (rires). J’ai acheté une Porsche Cayenne avec l’argent gagné. J’étais le premier rappeur à le faire. Une fois, j’ai voulu déposer mon petit frère au travail avec. Là, il me dit «dépose moi plus loin». Un autre jour, il me demande exactement la même chose. Ce coup-là, il allait dans un quartier que je connaissais bien pour voir ses potes. Là, j’ai compris que même au sein d’une famille, il pouvait y avoir une gêne avec la richesse. Ça m’a un peu bouleversé.

Votre visage est partout à ce moment-là, alors que vous représentez une des figures du rap le plus dur et le plus pur même.

Un jour, je me suis retrouvé sur la Côte d’Azur. Je crois que c’était pour les NRJ Music Awards ou un truc de ce genre. Dans un ascenseur, je tombe sur David Guetta, David Hallyday, Marc Lavoine… Je les regardais tous, ils se parlaient, ils se connaissaient tous. J’étais étranger à ce milieu-là. Mais c’était moi le numéro 1 des ventes avec Qui est l’exemple ? et c’est moi qui avais la plus grande suite. 120 mètres carrés, on me l’avait dit à l’accueil. Marc Lavoine… je lui ai parlé. Je crois même que je l’ai vouvoyé : «Quand j’étais petit, j’aimais bien les Yeux revolver Il a rigolé. A cette période, je me suis mis à voyager. A la Réunion, on me met dans une suite. Et on m’explique que Jacques Chirac y était. C’était indécent.

Pourquoi indécent ?

Dans cette suite-là, c’était la première fois de ma vie que je voyais un jacuzzi. C’était celui de Tony Montana dans Scarface. Les lustres, la dorure… J’ai mal vécu la chose. Nous, petits, on rêvait de s’en sortir, mais ça… c’était trop. J’avais le sentiment de trahir les miens, parce que c’était comme faire un voyage en fusée sans escale. La lune, tout de suite. Dans le même temps, j’entendais des rappeurs dire : «Ouais, Rohff fait du rap commercial, il est bidon.» C’est pour ça que derrière, il a fallu que je me lâche. Que je m’énerve. J’ai fait des morceaux très hardcore et des longs freestyles pour remettre les pendules à l’heure.

Dans vos morceaux, vous déplorez souvent le traitement médiatique à propos de vos incarcérations et déboires. Mais d’un autre côté, il y a une accumulation d’affaires, de bagarres. L’affaire de la boutique…

(Il coupe et s’agace) La boutique ? On dirait que c’est arrivé 60 fois. Chaque fois que ma colère m’a dépassé, je me suis senti poussé à bout. Je ne suis pas fou, je ne m’en prends pas à des passants. A chaque fois, il y a un contexte. Certaines histoires médiatisées comme la bagarre avec MC Jean Gab’1 [plusieurs rappeurs avaient participé à une rixe après que ce dernier les avait insultés dans son titre J’t’emmerde, ndlr], n’ont rien à voir avec moi : j’ai été loyal envers un ami. Mais ce n’est pas mon histoire à la base (silence). Et dans la vie, je ne me suis jamais laissé faire. Même en prison, les détenus le savaient. Ce sera comme ça jusqu’à la fin. J’ai toujours assumé mes erreurs, je suis transparent. Médiatiquement et même dans le milieu, je dérange beaucoup. Je suis un mec de quartier qui n’est pas prêt à tout pour faire partie d’un certain monde. Pour les affaires liées au rap, on en revient encore aux coulisses. C’est une guerre, parce que certains rêvent de toucher le soleil et sont prêts à tout pour ça. La lumière aveugle. A quoi sert le statut de numéro 1 ? Une fois mort, c’est terminé, il n’y aura plus de selfies.

Lors de votre première détention, votre carrière est au sommet. Comment gère-t-on de passer de la lumière à l’obscurité ?

Rohff ou pas Rohff, personne n’est fait pour être derrière les barreaux. Tu as vu ceux qui entrent et qui sortent en prison ? Ils perdent quelque chose à chaque fois. Le cerveau fatigue et à la fin, c’est des légumes. Dehors, tu prends tout à chaud, tu réagis au moindre truc. En prison, c’est tout le contraire : le monde et le temps s’arrêtent. Tu as le temps de tout analyser et ça se ressent quand tu écris entre quatre murs. Mais psychologiquement, tu montes, tu descends, tu montes, tu descends (il fait des gestes avec ses mains). Parfois, tu fais des pompes, tu ne touches pas le sol… tu voles, tellement que tu es bien. D’autres fois, les mauvaises nouvelles tombent. Ton avocat t’annonce au parloir que ton dossier n’avance pas. Tu perds tous tes muscles. Tu t’allonges dans ton lit habillé, tu te recroquevilles, tu as froid (il se mime sous une couverture).

Et les regards des autres détenus ?

La première fois, quand je suis arrivé en promenade, tout le monde a crié comme si c’était le 31 décembre. Je me suis dit «bande de bâtards, vous êtes contents, hein». Les coups de casseroles, mes chansons dans les cellules… J’avais le sentiment de donner de la force aux détenus. Mais c’était étrange. Et quand je suis sorti, il y avait cette sensation de les laisser tomber.

Le statut de «star» a été problématique ?

J’étais dans une aile réservée aux affaires médiatiques. Certains me voyaient même comme un grand frère. Ma musique est sincère. Il y a toujours une morale à la fin. Ça joue aussi sur le respect qu’on peut te donner. Beaucoup te voient comme un dur quand tu rentres et sors de prison. Mais il y a beaucoup de détenus sensibles, sentimentaux. On s’aide les uns les autres. (Il regarde sur le côté par la vitre). J’ai une anecdote… Au moment de ma première incarcération, j’ai rencontré un gars. Un braqueur. Il faisait la grève de la faim. Il était fragile psychologiquement. J’échangeais beaucoup avec lui. Je le charriais : «Mange des pâtes au thon, des bonnes pâtes au thon [un plat typique en prison, ndlr]Petit à petit, il s’est remis à manger et on s’est attachés. Le soir, on se parlait des heures par la fenêtre. Le jour, on faisait du sport, il commençait à prendre du muscle. Il parlait peu, mais il rigolait beaucoup avec nous. J’étais un peu un coach, tu vois ? Un mois après ma sortie, j’ai appris qu’il s’était suicidé dans sa cellule. J’ai eu mal… j’ai vraiment eu très mal.

A propos de lumière, Karim Benzema s’est affiché un temps auprès de vous. Ou l’inverse. Et puis ça s’est arrêté.

Entre lui et moi il y a dix ans d’écart, il n’a pas grandi avec moi. C’est une relation artiste-footballeur, sans rien derrière.

Pourquoi les rappeurs et les footballeurs s’attirent autant ?

Un rapport de fan, des deux côtés – mais qui est le plus fan ? Pour ma part, beaucoup de joueurs me contactent parce qu’ils ont grandi avec mes morceaux. Je m’entends très bien avec Antoine Griezmann par exemple. Il fait ses millions, sans se prendre la tête. Son comportement est sain, il n’attend rien de moi derrière. Et vice versa. Mais il y a une catégorie de footballeurs qui complexent. Ils s’identifient à la rue, traînent avec des rappeurs et des gars de quartiers pour se donner un genre. Ils veulent se raconter une vie qui n’est pas la leur en débarquant parfois dans des endroits à vingt-sept… J’ai connu la rue. Et je leur explique : «A deux ou trois, ça suffit. Pourquoi vingt-sept ?»

C’est un complexe ou un fantasme ?

Ceux qui sont nés dans la lumière sont attirés par l’obscurité. Et l’inverse est vrai aussi, tu vois ? Quand j’étais plus jeune, on quittait la cité pour faire les 400 coups. On allait toujours dans les quartiers riches, les pavillons. On voulait savoir de quelle manière ils vivaient. Et les jeunes de ces quartiers-là venaient dans la cité. Ils voulaient rester avec nous dans le hall. Nous, on ne comprenait pas. Qu’est-ce que tu veux faire dans un hall ? C’est étrange comme phénomène social, non ?

Ce fantasme-là touche aussi des rappeurs, qui magnifient la rue sans être des bandits…

J’ai eu ma période ultra-racailleuse. J’ai traversé la délinquance juvénile en roue arrière, mais j’estime quand même être un garçon de bonne famille. Parce que j’ai reçu une bonne éducation. Dans un kebab ou au George V, je sais me comporter. Je n’ai jamais conseillé à qui que ce soit de négliger son vocabulaire ou même son apparence pour paraître plus ghetto. Ça, je le dis aux footballeurs : ce n’est pas votre monde, ce ne sont pas vos codes. Pour les rappeurs, c’est encore autre chose. Certains se construisent un personnage et finissent par perdre la clé.

Ça vous est arrivé de vouloir surjouer ?

On ne m’entendra jamais dire que je suis un braqueur ou un dealer. Je ne peux pas m’inventer une vie, je ne suis pas un manipulateur. Ça fait des années que je gagne ma vie honnêtement grâce à la musique, que je n’ai plus d’activités illicites. Ça ne m’empêche pas de raconter les quartiers dans mes chansons, mais sans travestir ma réalité. Je dois assumer chaque texte. Les gens de la rue sont très exigeants, ils n’aiment pas les menteurs.

Vous répétez souvent que vous cogitez beaucoup. Qu’est-ce que vous avez corrigé chez vous ?

Je pensais être patient. Mais c’était avant de traverser ces années-là. Les jugements, les critiques, le bracelet électronique, les articles de presse. En prison, tu tournes en rond. Et si tu apprends une mauvaise nouvelle au parloir, tu ne peux rien régler. Tape ta tête contre les murs : ça ne changera rien, tu ne sortiras pas. Alors tu attends. Lorsque j’étais enfermé, mes ennemis, ceux qui ont toujours voulu ma chute, ont pris la confiance. Ils ont commencé à balancer des trucs sur mon dos, à faire les malins. Si j’avais été dehors, jamais ils n’auraient osé, jamais ! J’ai dû me battre contre moi-même pour ne pas dérailler et garder ma confiance en moi. Récemment, mon père m’a dit : «L’homme a deux poitrines pour savoir encaisser les coups.»

Votre père a été absent de votre vie pendant près de vingt ans…

Quand je l’ai retrouvé, j’étais adulte. J’ai pleuré comme un gamin. Il m’a pris dans ses bras. La première fois, j’avais passé deux semaines avec lui. J’avais l’impression de rattraper des années en accéléré. J’ai beaucoup pleuré. Aujourd’hui, on se voit souvent (silence). Il me laisse parler pour voir ce que j’ai dans la tête, si je suis apte à évoquer certains sujets – je fais pareil avec mes enfants.

Et vous, comment vous comportez-vous avec vos quatre fils ?

J’ai grandi avec peu de moyens et des parents séparés. C’était dur mais c’était le destin. Il y a certaines erreurs que je ne veux pas reproduire. Mais je ne jette la pierre ni à mon père, ni à ma mère. La vie n’a pas été simple pour eux, ils ont eu un parcours difficile. Mes garçons sont des privilégiés. Avant, on charriait les bourgeois, on les appelait «fils à papa». Mais mes enfants sont des «fils à papa». Ils vont au ski, à la mer. Font du bateau. Mais attention, je les emmène aussi dans des endroits stratégiques pour qu’ils fassent la part des choses. Tu imagines toi ? Ton fils ne voit que des lustres toute sa vie et demain tout s’arrête ? S’ils découvrent la précarité ? Ils vont sombrer dans la dépression.

C’est quoi un endroit stratégique ?

L’autre jour, je les ai ramenés au foyer malien à Vitry. Ils avaient les yeux grands ouverts. Je connais encore plein de monde là-bas, des gens qui m’ont vu grandir, c’est mon histoire. Leur père était là. Des gens pourraient ne pas comprendre. «Qu’est-ce qu’il fait là ?» «A quoi il joue ?» Je voulais manger un bon mafé, où est le problème ? C’est mon histoire.

Vos quatre enfants sont tous demi-frères. Comment fait-on pour construire une famille ?

L’été dernier, on est partis un mois à Miami. A l’aéroport, ils avaient la même casquette, les mêmes sacs à dos pour que je sois sûr de ne pas en perdre un. C’était top. J’ai loué une villa, une grosse voiture. Papa et les quatre en mode scout, c’était terrible. Mais ils m’ont fatigué. C’est un boulot à plein temps, je dois gérer les egos. Le plus petit a dit aux autres : «Laissez mon père !» Mais je suis leur père aux autres aussi. Ces souvenirs sont dingues. Quand je suis avec eux, je n’ai besoin de personne d’autre. En vrai, ces moments-là… c’est la vie que j’ai toujours rêvé d’avoir.

Ils sont jeunes, ils posent des questions. Il y en a certaines qui vous mettent en difficulté par rapport à votre parcours ?

Il y a la violence, la prison, la rue… Oui, parfois, je dis des choses dures dans mes textes. Je ne sais pas trop. Les mamans sont importantes pour expliquer certaines choses, comme la prison. La chance que j’ai, c’est qu’ils sont plutôt mangas, football. Ils n’écoutent pas vraiment du rap, ça leur paraît loin. Ils sont centrés sur l’école, c’est des intellos. On s’est fait un groupe WhatsApp. On se taquine, on se chambre. Ça aide peut-être à surmonter ces difficultés-là.

Vous restez considéré comme l’un des artistes ayant le mieux décrit les quartiers, leur routine, leurs paradoxes. Quand on a 41 ans, quel lien garde-t-on avec ?

Le quartier fait partie de moi. Avec l’âge, tu comprends qu’il ne se limite pas à un territoire. Une partie de lui a bougé avec moi… Il m’arrive de passer, mais je ne suis plus là pour tenir les murs. Certains me reprochent de ne pas passer souvent. D’autres, au contraire, me disent que ce n’est plus la peine, car ce n’est plus de mon âge. Les gens de ma génération sont partis. Ils ont fondé une famille. Moi, je ne connais pas la nouvelle génération. Je regarde les visages et j’essaye de trouver des ressemblances avec leurs grands frères.

Ces nouveaux visages vous éloignent encore plus de votre quartier ?

A Vitry, il reste quelques personnes de mon âge… qui sont encore dans les 400 coups. Ça fait plaisir de se revoir, de se rappeler le passé, de rigoler. On compte les dents de chacun, mais c’est tout. Parfois, je suis gêné. A cause du décalage. Quand tu arrives en Ferrari et que tu vois des gens avec lesquels tu as grandi, que tu apprécies et qui n’ont pas bougé, il y a un malaise. Une fois, en repartant, un gars m’a dit : «Tu retournes dans ton monde, tu vas nous oublier !» Ce n’était pas méchant, c’était une vanne. Mais ça m’a touché. Tu prends deux gars qui partent de zéro et du même banc dans le quartier. Quand l’un marche mieux que l’autre, ça dérange. Ça peut créer de la frustration, de la jalousie…

Comment on gère ça ?

On n’a plus les mêmes problèmes. Que je le veuille ou non, les miens ont désormais plusieurs zéros.

Dans votre album, vous parlez de la Mafia K’1 Fry – votre ex-collectif avec Kery James, le 113… – dont les membres ont vendu des millions d’albums. Il n’existe plus…

Sa disparition est un regret pour toute la jeunesse des quartiers. Des années plus tard, on me parle encore de Pour ceux, parce que ce titre a marqué plusieurs générations. Même les plus jeunes. La dernière fois, je l’ai chanté en concert (il se mime sur scène). C’est là que tu comprends qu’on a marqué l’histoire. J’ai tenté de réanimer le collectif, même si je n’estime pas avoir été le leader. Aujourd’hui, je n’y crois plus. Au début, quand le succès n’était pas là, c’était le top. Pas de rivalités pour empoisonner les relations. Des rancunes s’installent. Certains gardent des choses en eux, c’est compliqué. Trop profond.

Mais est-ce que ces rivalités-là sont insurmontables ? Pendant des années, vous vous êtes pourtant présentés comme une famille, au-delà même de la musique ?

Quand j’ai tenté de dépoussiérer la Mafia K’1 Fry, j’ai eu le sentiment que certains croyaient que je voulais me servir de ça pour remonter la pente. Ou pour exister. Mais je n’ai jamais eu besoin du collectif pour exister – mes succès en solo en témoignent. A l’époque de l’album, j’ai aidé certains membres à écrire quand ils étaient trop déchirés pour le faire ou qu’ils ne pouvaient pas. Sans me faire créditer. J’étais loyal et c’était aussi pour la compétition : je voulais que l’on fasse un album classique, que le Val-de-Marne retrouve ses lettres de noblesse. Et on a réussi à le faire. Un collectif, c’est pas compliqué : tu es fort que lorsque tout le monde tire dans le même sens.

On a parlé d’amitié. Et l’amour ? Ça revient souvent aussi. L’un de vos premiers couplets célèbres commence par «l’amour m’a refoulé le jour de ma naissance»

Je fais plus que du rap. Dans mes chansons, je parle avec les gens. J’ai vécu certaines choses. L’absence du père, la rue… Comment je pourrais parler d’autre chose que la nature humaine ! Dans Surnaturel, il y a le morceau Fille bien. Même les plus durs l’écoutent. Pourtant, on me reproche souvent de ne pas assez parler d’amour. Un titre dans un double album… c’est peu, non ?

Est-ce qu’il y a une crise de la quarantaine quand on est rappeur ? La peur de vieillir ? De se sentir dépassé…

Les 40 ans d’aujourd’hui sont les 30 ans d’avant, non ? Et je n’ai pas le temps de réfléchir, de regarder le passé ou de tomber dans la dépression. J’ai déjà broyé du noir mais je me suis toujours relevé, à chaque fois. Je suis croyant, ça aide. Là j’ai le regard de mes enfants.

Vous êtes quasiment né en même temps qu’Emmanuel Macron…

J’ai six jours de plus que lui (il sourit). Il me doit le respect parce que je suis son grand.


Rachid Laïreche


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Ramsès Kefi

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Trois courts métrages canadiens en lice pour les Oscars

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D’une part, Fauve raconte les jeux de pouvoir malsains entre deux garçons sur le site de la mine à ciel ouvert de Thetford Mines. Il compte dans sa distribution Félix Grenier, Alexandre Perreault et Louise Bombardier.

Jérémy Comte avec son prix remporté à Sundance.Jérémy Comte avec son prix remporté à Sundance. Photo : Facebook

Depuis sa sortie, le court métrange de 16 minutes a récolté plus de 40 récompenses à travers le monde, dont le Prix du jury à Sundance. Il a également été projeté dans plus de 80 festivals, dont celui de Toronto.

Marguerite de Marianne Farley est pour sa part un court métrage qui raconte l’histoire d’une octogénaire, Marguerite, interprétée par Béatrice Picard, qui souffre de diabète et passe ses journées dans la solitude. Elle ne reçoit que la visite occasionnelle de son infirmière, Rachel (Sandrine Bisson), qui vient lui prodiguer des soins.

Béatrice Picard regarde vers Sandrine Bisson, qui est penchée vers son écran de téléphone. Béatrice Picard et Sandrine Bisson dans une scène du film « Marguerite » de Marianne Farley. Photo : Distribution H264

Elle cherche à développer un lien avec Rachel, jusqu’au jour où elle apprend que celle-ci est lesbienne. La nouvelle déclenche quelque chose en elle qui va venir bouleverser leur relation.

Tour du chapeau pour le Canada, puisqu’un troisième court métrage, un film d’animation cette fois, est aussi en lice pour la prestigieuse cérémonie de remise de prix.

Animal Behaviour (Zoothérapie) de David Fine et Alison Snowden est produit par l’Office national du film (ONF). Le duo a déjà été oscarisé pour le film L’anniversaire de Bob. Le récit de Zoothérapie se base essentiellement sur la thérapie de groupe de cinq animaux, qui s’expriment sur leurs angoisses existentielles respectives.

Il s’agit d’une 75e nomination aux Oscars pour l’ONF.

Peu de surprises

Le 24 février prochain, l’Oscar du meilleur film sera remis à l’un de ces 8 films : Une étoile est née (A Star Is Born), BlacKkKlansman, Black Panther, Bohemian Rhapsody, La Favorite (The Favourite), Le Livre de Green (Green Book), Roma ou Vice.

Spike Lee (BlacKkKlansman), Pawel Pawlikowski (Cold War), Yorgos Lanthimos (La Favorite), Alfonso Cuaron (Roma) et Adam McKay (Vice) se disputeront l’Oscar du meilleur réalisateur.

Des enfants blottis les uns contre les autres sur une plage au bord de la merEn 2018, Netflix a distribué le film Roma, qui a été qualifié de chef d’œuvre par plusieurs experts en cinéma. Photo : La Presse canadienne / Netflix/Carlos Somonte

Dans la catégorie du meilleur acteur, les nommés sont : Christian Bale (Vice), Bradley Cooper (Une étoile est née), Willem Dafoe (At Eternity’s Gate), Rami Malek (Bohemian Rhapsody) et Viggo Mortensen, (Le livre de Green).

Parmi les comédiennes en lice pour remporter la statuette de la meilleure actrice, on compte Yalitzia Aparicio, (Roma), Glenn Close (The Wife), Olivia Colman (La Favorite), Lady Gaga,(Une étoile est née) et Melissa McCarthy (Pourras-tu me pardonner un jour? (Can You Ever Forgive Me?)).

Les acteurs Bradley Cooper et Lady Gaga dans le film <em>A Star Is Born</em>.Les acteurs Bradley Cooper et Lady Gaga dans le film A Star Is Born. Photo : Warner Bros.

Parmi les premières nominations annoncées, Amy Adams (Vice), Marina de Tavira (Roma), Regina King (Si Beale Street pouvait parler (If Beale Street Could Talk)), Emma Stone et Rachel Weisz, qui jouent toutes deux dans La Favorite ont été retenues dans la catégorie du meilleur second rôle féminin.

Du côté des meilleurs seconds rôles masculins, l’Académie des arts et sciences du cinéma, qui remet les prestigieuses statuettes, a sélectionné Mahershala Ali (Le livre de Green), Adam Driver (BlacKkKlansman), Sam Elliott (Une étoile est née), Richard E. Grant (Pourras-tu me pardonner un jour?) et Sam Rockwell, (Vice).

Christian Bale, dans le rôle de Dick Cheney, a la tête penchée et regarde vers le bas.Christian Bale interprète Dick Cheney dans le film Vice Photo : Annapurna Pictures

Les oeuvres suivantes ont été retenues dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère : Capharnaüm (Liban), Cold War (Pologne), Never Look Away (Allemagne), Roma (Mexique) et Une affaire de famille (Japon).

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Arts et Spectacles

Des familles homoparentales nous racontent leur quotidien sur le site de  Cheval-Serpent

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La télévision, reflet de la société, n’échappe pas aux changements et à l’évolution du monde. Elle permet parfois de démystifier des modèles avec lesquels la majorité des téléspectateurs ne sont pas familiers. L’homoparentalité est l’une de ces nouvelles figures de la famille et a été plus présente dans les séries télévisées au cours des dernières années. Aux États-Unis, Modern Family, Queer as Folk, The L Word, Six Feet Under, The Wire, Glee, Brothers and Sisters et The Fosters font partie de ces séries qui montrent de nouvelles réalités familiales.

Plus près de nous, Mémoires vives, Lâcher prise et Cheval-Serpent ont mis ou mettent en scène des familles homoparentales, sans que ce modèle non traditionnel soit au cœur de l’intrigue.

Dans Cheval-Serpent, Dorice McQuaid (Sophie Prégent) et Dominique Lévesque (Élise Guilbault) forment un couple et sont les mères de Simone. Les parents biologiques de Simone sont Dominique et David (Guillaume Lemay-Thivierge). Celui-ci a offert son aide afin que les deux femmes puissent fonder une famille. David est très présent dans la vie de sa fille, ce qui ne fait pas nécessairement l’affaire de Dominique.

Vidéo de présentation des familles

L’auteure de Cheval-Serpent, Danielle Trottier, a délaissé temporairement le monde de la fiction pour aller à la rencontre de quatre familles homoparentales bien réelles, qui ont accepté de raconter leur histoire.

Patrick et Anwar, Patrick et Georges, Édith et Joanie ainsi que Charles et Éric ont, chacun à leur façon, surmonté des obstacles et trouvé des solutions pour réaliser leur rêve. Et comme le dit l’un des pères interviewés :

Tout est possible dans la vie. Tu as un rêve? Tu travailles. Tu veux y arriver? Tu vas bâtir. Tu as une idée? Bien, trouve les solutions, trouve ce que tu dois faire et fonce, vas-y, et ne laisse personne te dire que c’est impossible.

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Marcel Azzola, à bout de soufflet

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Si Yvette Horner a été célébrée comme la reine des flonflons pop, Marcel Azzola pouvait légitimement postuler au titre de roi du swing musette. Plus encore que son aînée, qui le devança en 1948 lors d’une coupe du monde d’accordéon, il aura œuvré à sortir son instrument des préjugés dans lesquels il était contraint. «Le combat n’est pas fini !» avait-il ainsi prévenu le jeune Vincent Peirani à ses débuts. Ironie ultime, Horner l’a aussi précédé dans la mort : elle est décédée en juin, lui lundi, à 91 ans.

Comme Peirani et d’autres héros du branle-poumons, Azzola était un fils d’immigrés italiens, né en 1927 dans le Paris populo, celui de la Rue de la Chine (une mazurka qui figure parmi ses classiques, en hommage à l’adresse de l’hôpital Tenon où sa mère accoucha). Formé par les meilleurs, Médard Ferrero en tête qui l’initia au classique (les fameux grands airs et autres ouvertures), il apprend le métier dans les brasseries, jouant à la demande, et dans les bals, enchaînant les cachets.

Elans explosifs

De cette dualité, il gardera un sens de l’humilité et un talent d’écoute, deux qualités essentielles pour qualifier une belle carrière. La sienne naît dans l’ombre des vedettes qui font appel à lui : Boris Vian, Yves Montand, Barbara, Jean Sablon, Edith Piaf, Juliette Gréco… Le carnet est rempli de noms qui sonnent à l’oreille de tout amateur de musique. Parmi ceux-ci, il y a bien entendu Jacques Brel, dont le «Chauffe, Marcel, chauffe !», cri du cœur lâché dans l’énergie de la session, fit entrer l’accordéoniste au panthéon de la chanson. En 1968, Vesoul le place pour toujours dans la cartographie de la musique française.

 

Pour avoir su se mettre au service des autres, Marcel Azzola n’en fut pas moins à l’initiative d’un vrai renouveau pour son instrument, qu’il dépoussiéra patiemment sans ôter la part de plaisir qu’il y a à faire valser les pieds. C’est grâce à lui, entre autres, que ce piano dit du pauvre put entrer au Conservatoire national supérieur de musique en 2002. Avec le jazz, il éprouva tout autant ses qualités d’improvisateur que de compositeur, dans les pas des meilleurs du genre, dont l’esthète virtuose Tony Murena, sa référence, dont il partageait les élans explosifs. En la matière, il sera guidé par son pote d’enfance et complice de toujours, le guitariste Didi Duprat, qui lui présenta Django Reinhardt et l’introduisit plus généralement dans l’univers manouche. Il deviendra bientôt l’éclaireur inspiré d’une nouvelle génération, celle de Richard Galliano, avec lequel il enregistrera même une Afro-musette et une terrible Panique sur l’album Paris musette en 1990.

Directeur artistique de ce disque publié sur le label La Lichère, le rédacteur en chef de Jazz Magazine Franck Bergerot fut, jusqu’à son dernier souffle, l’un des intimes de Marcel Azzola : «Il avait grandi en parallèle de l’histoire du swing, sans complètement la partager. Pour ce fils de maçon, le jazz, c’était le monde des riches. Pas tout à fait le sien, même s’il avait été très tôt impressionné par Dizzy Gillespie.» Après avoir fréquenté les clubs de Saint-Germain, l’accordéoniste va pourtant se hisser au sommet au Caveau de la Montagne, un petit club de jazz où il s’illustre à la fin des années 70 avec le guitariste Marc Fosset et le contrebassiste Patrice Caratini. «Après avoir sillonné les départementales françaises au volant de belles américaines et fait danser tout le pays, Marcel tend à revenir vers de petites formes, comme les récitals qu’il donne avec la pianiste Lina Bossati. Il est séduit par l’idée de se frotter à une nouvelle génération de jazzmen. Nous sommes curieux, Marc et moi, d’élargir les champs de notre duo, qui plus est, avec une légende de l’accordéon», témoigne alors le contrebassiste, honoré de partager l’affiche avec celui qu’il désigne comme «le patron».

«Piano à frissons»

Ce ne sera pas la seule expérience de ce type, même s’il dut longtemps enregistrer des séances où il n’était pas question de prononcer le mot jazz. Marcel Azzola tissa ainsi des ponts entre deux univers où les malentendus n’avaient que trop duré. De Stéphane Grappelli à Christian Escoudé, de Swan Berger à Didier Lockwood, il fut toujours attaché au Paris qui swingue dru. Il n’en était pas moins élégant lorsqu’il s’agissait de ralentir le tempo, comme avec l’emblématique duo qu’il formait depuis des dizaines d’années avec Lina Bossati, la pianiste de son orchestre de bal qui deviendra sa fidèle complice sur scène et sa meilleure amie dans la vie. Sur le «soufflet à chagrin» que beaucoup désignent aussi comme le «piano à frissons», il pouvait ainsi faire siennes les Gymnopédies de Satie, non sans digression mais toujours avec délicatesse, pour paraphraser un de ses plus beaux thèmes.

C’est aussi de cette oreille qu’il faut apprécier ses apparitions sur de nombreuses bandes originales, à commencer par celles de Tati (Mon Oncle, Playtime…). Comme ce dernier, la musique de Marcel Azzola parlait de mélancolie et de mémoire, sans renier l’énergie et l’instant présent. Des sentiments partagés qui se trouvent résumés dans une courte vidéo du documentariste et écrivain David Dufresne. Venu le voir à propos de son livre On ne vit qu’une heure : une virée avec Jacques Brel, Marcel Azzola, en sortant un des nombreux accordéons de sa collection, lui relatera le souvenir d’une improbable séance avec les Sex Pistols pour le film la Grande escroquerie du rock’n’roll : «On s’est retrouvés à Saint-Germain-des-Prés, le chanteur à chanter à la terrasse des Deux Magots, avec moi à l’accordéon et un violon. Et le directeur s’approche pour nous dire de foutre le camp ! Un client s’est levé et lui a dit : « Arrêtez, ce sont des amis à moi. » C’était Jean Sablon.»


Jacques Denis

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